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Les recherches sur la transmission du virus par les aérosols avancent

Les aérosols favorisent la transmission du coronavirus. Mais dans quelle ampleur? Une question qui mobilise les scientifiques. [RTS]
Les aérosols favorisent la transmission du coronavirus. Mais dans quelle ampleur? Une question qui mobilise les scientifiques. / 19h30 / 2 min. / le 19 octobre 2020
Le virus du Covid-19 peut se transmettre par contact et par gouttelette. Mais il y a un troisième mode de transmission possible: les aérosols. Les travaux de recherche se multiplient pour tenter de mieux comprendre leur rôle.

Quelque 10'000 fois plus petites qu'un cheveu, de minuscules gouttelettes sont émises par des éternuements et de la toux mais aussi par la parole, le chant et les cris.

Pour Dusan Licina, chercheur en qualité de l'air intérieur, à l'EPFL, interrogé lundi dans le 19h30, "il est assez clair, d'un point de vue physique, que de minuscules aérosols qui contiennent des particules virales peuvent se déplacer sur de longues distances et persister dans l'air entre 30 minutes à une heure et éventuellement être inhalées par une autre personne".

Reconnu par l'OMS

L'Organisation mondiale de la santé a reconnu ce mode de transmission comme possible en juillet dernier, sous la pression d'une partie de la communauté scientifique. Mais à ce jour, il n'y a toujours pas de consensus pour conclure sur l'importance du rôle des aérosols dans l'épidémie par rapport aux gouttelettes ou au contact.

>> Lire: L'OMS reconnaît une possible transmission du Covid-19 par l'air

L'Office fédéral de la santé publique envisage encore timidement ce mode de transmission. "Il peut y avoir éventuellement des transmissions mais les connaissances scientifiques sont telles qu'on pense que ce n'est pas fréquent du tout. Les mesures à prendre sont toujours de garder ses distances et de mettre le masque aussi pour ça. Une bonne aération des locaux est également importante", explique Virginie Masserey, cheffe de la section contrôle de l'infection de l'OFSP.

Bien aérer les lieux clos

La transmission par aérosols n'a pas forcément besoin d'être fréquente pour jouer un rôle dans l'épidémie, comme le montre les cas de supercontagion lors de rassemblements dans des lieux clos parfois mal aérés.

"Nous avons besoin de protocoles dans les bâtiments, d'éviter les espaces avec trop de personnes, de maintenir les distances, et le masque doit rester une priorité. (...) Sécuriser une ventilation adéquate et efficace est très important", explique encore le chercheur de l'EPFL Dusan Licina.

Avec l'hiver qui arrive, assurer un air sain chez soi et dans les lieux clos sera probablement un enjeu important.

Aurélie Coulon/lan

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