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Neuchâtel: microtechnique intégrée à l'EPFL

Le nouveau rectorat était favorable à ce rapprochement (unine.ch)
Le nouveau rectorat était favorable à ce rapprochement (unine.ch)
L'Institut de microtechnique de l'Université de Neuchâtel sera intégré à partir de janvier 2009 à l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. Recherche et développement sont maintenues à Neuchâtel.

La Confédération et le canton de Neuchâtel ont signé une
déclaration d'intention pour cette intégration.

Selon ce document, présenté jeudi à la presse, le Conseil d'Etat
neuchâtelois proposera au Grand Conseil l'adoption d'un crédit de
50 millions de francs pour la construction d'un nouveau bâtiment.
Le nouvel édifice doit permettre le regroupement des activités de
l'IMT, dont les 150 collaborateurs sont actuellement dispersés sur
cinq sites différents.

Berceau de la microtechnique

Les domaines de compétence de l'institut neuchâtelois portent
sur la technologie des capteurs et senseurs, la micro-optique
(télécoms), la reconnaissance d'images. Le traitement des signaux
(GPS) et les cellules photovoltaïques au silicium amorphe sont
également des spécialités de l'IMT.

L'EPFL collabore depuis 1978 avec l'institut, a rappelé Patrick
Aebischer, président de la haute école lausannoise. Il a qualifié
la région neuchâteloise de «berceau de la microtechnique».

La déclaration d'intention adoptée jeudi a été signée au nom de la
Confédération par Patrick Aebischer, ainsi que par le secrétaire
d'Etat à l'éducation et à la recherche, Charles Kleiber. Selon ce
dernier, l'intégration de l'IMT à l'EPFL constitue un «grand projet
de la transformation du paysage universitaire suisse». Du côté
neuchâtelois, le texte a été paraphé lors d'une brève cérémonie par
la conseillère d'Etat Sylvie Perrinjaquet. Le directeur de l'IMT,
Nicolaas de Rooij, ainsi que le recteur de l'Université de
Neuchâtel (UniNE), Jean-Pierre Derendinger, ont également signé la
déclaration d'intention.

Montage financier de 113 millions

Les trois représentants neuchâtelois ont souligné l'importance
de l'accord conclu avec l'EPFL. Celui-ci va permettre le
développement de synergies avec les Ecoles polytechniques fédérales
(EPF) dans le domaine des énergies et des matériaux, a déclaré
notamment Nicolaas de Rooij.

Sylvie Perrinjaquet et Jean-Pierre Derendinger ont précisé que la
prise en charge financière de l'IMT par la Confédération va dégager
plus de 20 millions de francs de ressources supplémentaires pour le
redéploiement des activités de l'université. «Cela représente à la
fois une chance et un défi», a indiqué le recteur.

En plus des 50 millions de francs d'investissements immobiliers,
le canton de Neuchâtel ajoutera 20 millions de francs à la
corbeille de l'IMT, dont 10 millions grâce à la création d'un fonds
privé. De son côté, la Confédération a réservé un crédit de 23
millions de francs à l'opération d'intégration. La haute école
lausannoise consacrera de son côté 9 millions de son budget au
développement de ses activités sur son nouveau site neuchâtelois.
Les investissements générés par l'opération d'intégration de l'IMT
représentent au total 113 millions de francs.

ats/het

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Après le licenciement du recteur

Le rapprochement entre l'IMT et l'EPFL constituait la pomme de discorde entre le précédent rectorat et le Conseil d'Etat

L'ancien recteur, Alrfed Strohmeier, doit en effet en partie son licenciement le 5 février 2007 à son opposition au projet. Il avait jugé que la démarche signifiait «la perte d'un des plus beaux fleurons de l'Université» et dénoncé la remise en cause par le Conseil d'Etat de toute la stratégie de réorganisation de la haute école neuchâteloise.

A ce sujet, il avait rappelé que les réformes mises en oeuvre depuis l'an dernier portaient précisément sur le renforcement du pôle de la microtechnique.

Alfred Strohmeier estimait au moment de son licenciement que le projet de transfert de l'IMT à l'EPFL ouvrait une période d'incertitude pour l'avenir de l'université.

Renforcement des points forts

Selon le recteur de l'Université de Neuchâtel, la faculté des sciences va se renforcer en tant que pôle de compétence reconnu en hydrogéologie, ainsi qu'en biologie et microbiologie des sols.

Le redéploiement profitera aussi à l'Académie du journalisme et des médias, ainsi qu'à la Maison d'analyse des processus sociaux (MAPS), tout juste instituées.