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Quand sa vieille voiture est transformée pour devenir électrique

Les voitures électriques dépendent d'un réseau de recharge pour être efficaces. [Martial Trezzini - Keystone]
Quand sa vieille voiture est transformée pour devenir électrique / La Matinale / 1 min. / le 16 juin 2020
Alors que les gouvernements européens investissent dans la mobilité verte, une véritable économie apparaît autour de la transformation des véhicules traditionnels en voitures électriques. Désormais, l’État français subventionne ces conversions.

Sur le papier, le principe est simple: vous enlevez un moteur essence ou diesel de votre voiture, ainsi que toutes les pièces qui y sont liées, et vous le remplacez par une propulsion électrique toute neuve. Cette technique s'appelle le "retrofit" électrique. Un mot anglais qui signifie rénover, réajuster, moderniser.

Jusqu'à présent, seuls quelques bricoleurs se lançaient dans l'aventure, essentiellement pour des voitures de collection ou de prestige. Désormais, cette pratique est soutenue par des Etats en recherche de solutions pour diminuer leurs émissions de Co2.

Alors que l'Allemagne lance son grand projet d'électrification des véhicules, en voulant équiper toutes les stations-services de bornes de recharge, la France vient d'introduire une subvention pour ces conversions. L'aide est comprise entre 2600 et 5400 francs suisses.

Une industrie qui débute

Mais l'industrie en est à ses balbutiements. Il y aurait actuellement moins d'une centaine d'entreprises dans le monde à s'être spécialisées dans le retrofit, essentiellement aux Etats-Unis, en Angleterre et en Allemagne. En France, les décisions du gouvernement aident ce jeune secteur.

"Depuis 3-4 ans, on sent que les fournisseurs de pièces commencent à proposer leurs solutions technologiques. C'est maintenant que le retrofit commence à avoir une maturité pour entrer dans le garage des gens", affirme Arnaud Pigounides, le co-président de l'association AIRE pour "Acteurs de l'industrie du retrofit électrique". Une association qui regroupe actuellement 12 PME.

"On va avoir une courbe de croissance qui va prendre du temps. C'est d'ici 4-5 ans que nous aurons des volumes intéressants pour avoir des réductions de coûts. Nous pensons sincèrement pouvoir participer à l'objectif français d'avoir un million de véhicules électriques sur les routes en moins de 10 ans (2,5% du parc automobile français)."

Un investissement important

Mais aujourd'hui transformer son véhicule coûte cher. Il faut compter au minimum 13'000 francs suisses pour une petite citadine, et il y a de longues listes d'attente. "Les prix devraient diminuer avec le temps, grâce à l'expérience et aux volumes de voitures à transformer. On devrait bientôt passer sous la barre des 10'000 francs", annonce Arnaud Pigounides.

"Quand on parle d'une transformation à 20'000 francs, cela parait énorme. Mais il ne faut pas oublier que nous mettons un moteur neuf et des batteries dans un véhicule ancien. 20'000 francs, c'est la moitié d'une voiture électrique neuve."

Les problèmes sont ceux des véhicules électriques: ils dépendent du réseau de bornes de recharge et de l'autonomie des batteries.

On repasse l'expertise en Suisse

Qu'en est-il en Suisse? Est-ce légal? "Oui. Si la transformation respecte les prescriptions légales en matière de sécurité et d'équipement technique, elle est légale", répond Marina Kaempf, responsable de la communication de l'Office fédéral des routes (OFROU). Mais le véhicule doit se faire expertiser avant de pouvoir à nouveau rouler sur nos routes.

"L'Office cantonal de la circulation routière vérifiera notamment si les prescriptions en matière de propulsion électrique (article 51 OETV) ou les exigences de comptabilité électromagnétique (article 80 OETV) sont respectées." Pour l'instant, il n'y a pas de garage homologué en Suisse.

En Suisse, il n'y pas de subventions pour la transformation d'un véhicule essence en véhicule électrique, mais la feuille de route pour la mobilité électrique 2022 comprend notamment la mise en place d'un réseau national de recharge rapide pour les véhicules électriques. Il existe des aides également au niveau cantonal et communal.

On ne sait pas combien de véhicules transformés circulent actuellement sur les routes suisses. Les experts de l'OFROU estiment qu'il y en aurait moins de 300.

Pascal Wassmer

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