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La personnalité animale, clé de l'évolution

Charles Darwin doit se retourner dans sa tombe
Charles Darwin doit se retourner dans sa tombe
L'évolution des animaux ne serait pas le fruit d'une sélection naturelle spontanée, mais d'une stratégie complexe due à de véritables "personnalités", suggèrent des scientifiques néerlandais dans la revue Nature de jeudi.

Alors que, par le passé, la notion de "personnalité" était
considérée comme l'apanage exclusif de l'espèce humaine, les
biologistes sont de plus en plus nombreux à admettre qu'il s'agit
en fait d'un trait commun des animaux sauvages, des calmars aux
araignées en passant par les souris et les singes.

Comportements différents

Max Wolf, l'auteur de cette étude menée sous la responsabilité
du directeur du centre d'études écologiques et évolutionnaires de
l'université de Groningue, Franz Weissing, est un fervent adepte de
cette école de pensée.

En effet, les différentes observations menées ces dernières années
ont montré que les individus autrement impossibles à distinguer --
même taille, même âge, même sexe et même habitat -- peuvent se
comporter de manière très différente face à des dangers ou
situations identiques.

Par exemple, une épinoche ou une mésange n'hésiteront pas à
affronter un prédateur ou un rival, alors qu'un autre individu
préfère se sauver. Tel moineau saisit hardiment les miettes d'une
main tendue tandis que tel autre reste apeuré à une distance sûre,
alors qu'il est tout aussi attiré par la friandise.

Stratégies

Autre exemple, celui des jeunes huîtriers-pies, oiseaux de
rivage communs aux Pays-Bas, qui choisissent deux stratégies
radicalement différentes pour "préparer" leur avenir.

Lorsqu'ils s'installent dans un territoire de mauvaise qualité,
avec peu de ressources, soit ils se mettent immédiatement à se
reproduire pour bien occuper le terrain, soit ils attendent leur
tour pour accéder à un territoire plus riche.

afp/ruc

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Difficile à expliquer

Max Wolf, l'auteur principal de l'étude, admet que que ces comportements inattendus - rigides au niveau individuel et changeants au niveau de l'espèce - restent difficiles à expliquer.

"Nous estimons, explique le biologiste néerlandais, que plus un individu se comporte en termes de future reproduction, plus il prend de précautions dans les différentes situations".