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Des pistes de proto-dinosaures longues de plusieurs kilomètres en Valais

Une des empreintes d'Isochirotherium herculis, sur la piste de La Veudale, en Valais. [A. Muller - Muséum d'histoire naturelle de Genève]
Des pistes de proto-dinosaures longues de plusieurs kilomètres en Valais / Le Journal horaire / 27 sec. / le 25 février 2020
Deux chercheurs du Muséum d'histoire naturelle de Genève ont découvert en Valais des pistes de proto-dinosaures longues de plusieurs kilomètres. Elles étaient empruntées par ces animaux il y a 240 millions d'années.

Les portions de pistes découvertes, difficiles à identifier par un non-spécialiste, indiquent la présence d'une ancienne voie longue de 6,4 kilomètres.

Celle-ci est constituée d'empreintes de pas fossilisées d'Isochirotherium herculis, une espèce de proto-dinosaure bipède qui vivait au Trias moyen – une période qui va environ de -247,2 à -235 millions d'années. Les proto-dinosaures ne sont pas des ancêtres de dinosaures, mais de proches cousins.

En raison du déneigement important lié aux étés chauds de la dernière décennie, cette voie a pu être mise au jour à 2400 mètres d'altitude sur des dalles de grès des sites paléontologiques de la Veudale près d'Emosson et d'Emaney. Les premières empreintes de pas fossilisées au Vieux-Emosson ont été découvertes en 1976.

Découverte du site de La Veudale en 2015, à 2400 mètres d'altitude sur des dalles de grès. [A. Muller - Muséum d'histoire naturelle de Genève]Découverte du site de La Veudale en 2015, à 2400 mètres d'altitude sur des dalles de grès. [A. Muller - Muséum d'histoire naturelle de Genève]

L'élément le plus remarquable de cette longue voie est d'être quasiment rectiligne, a indiqué mardi le Muséum d'histoire naturelle de Genève (MHN) dans un communiqué. Cela montre que ces animaux entreprenaient des déplacements au long cours pratiquement en ligne droite.

Ce type déplacement n'est pas sans rappeler le cheminement d'animaux actuels en activité de migration, comme les zèbres ou certaines antilopes des savanes africaines. Pour les chercheurs, les déambulations et longues marches des dinosaures tels qu'imaginés dans les films sont des comportements dès lors très vraisemblables.

Enchaînement de circonstances

C'est grâce à un enchaînement de circonstances inouï que cette longue piste a été conservée jusqu'à nos jours. Il a d'abord fallu que les animaux marchent dans le sable meuble d'une plaine alluviale et que leurs empreintes soient aussitôt recouvertes par des sédiments protecteurs.

Il a ensuite fallu que la trajectoire de la piste ne soit pas modifiée lors du soulèvement du Massif du Mont Blanc et des Aiguilles Rouges, il y a une dizaine de millions d'années.

Protégées dans la roche, les pistes se sont élevées de 2400 mètres, puis l'érosion très active au niveau des petits cols de la région les a mises à nu le long d'un axe qui correspond à celui du déplacement des animaux il y a des centaines de millions d'années.

L'époque du Trias et aujourd'hui. [L. Cavin - Muséum d'histoire naturelle de Genève]L'époque du Trias et aujourd'hui. [L. Cavin - Muséum d'histoire naturelle de Genève]

Compte tenu de l'érosion alpine en cours, les empreintes de la piste d'Emosson sont appelées à disparaître à jamais d'ici quelques décennies. Leur description et inventaire survivra toutefois, conclut le musée. Ces travaux sont publiés dans la revue Frontiers in Earth Science.

ats/sjaq

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Le sommet montagneux de La Veudale