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Les bornes de recharge, un frein à l’essor de la voiture électrique?

Pour encourager la mobilité électrique, il faudra faciliter l'installation de bornes de recharge chez les particuliers. [RTS]
Pour encourager la mobilité électrique, il faudra faciliter l'installation de bornes de recharge chez les particuliers. / 19h30 / 1 min. / le 26 janvier 2020
La Confédération s’est fixé l'objectif d'atteindre 15% de véhicules électriques et hybrides rechargeables parmi les nouvelles immatriculations en 2022. Mais pour y parvenir, les bornes de recharge doivent devenir plus accessibles, y compris pour les locataires.

L’an dernier, la part des véhicules électriques et hybrides rechargeables dans les nouvelles immatriculations s’est élevée à 5,6%. Faire augmenter ce chiffre passe par l'amélioration des possibilités de recharger son véhicule, notamment à domicile.

Combinaison idéale avec le photovoltaïque

Parmi les possibilités qui s'offrent aux propriétaires figure l'installation de panneaux photovoltaïques qui alimentent directement la borne de recharge de la voiture électrique. "C'est une très bonne solution, parce qu'on a l'impression de faire du bien à la planète, et utiliser son énergie, c'est un sentiment qui est assez sympa", témoigne le propriétaire d’une maison individuelle au bord du Léman dans le 19h30 de la RTS dimanche.

Pour Nicolas Vodoz, fondateur de la société Climkit active dans la gestion énergétique des immeubles, cette solution est assez idéale techniquement, car les batteries de voiture électrique ont une grande capacité de stockage. L’énergie solaire accumulée est ainsi emmagasinée dans la batterie de la voiture, ce qui évite de devoir réinjecter le courant produit localement dans le réseau.

Un frein pour les locataires

Mais pour les locataires, c’est une autre affaire. Avant de songer à acquérir une voiture électrique, mieux vaut être certain de pouvoir installer une borne de recharge à proximité de sa place de parc. "Les premiers locataires qui ont voulu acquérir un véhicule électrique ont fait un peu eux-mêmes les choses", explique Nicolas Vodoz. "Ils ont fait tirer un fil de leur compteur vers leurs places de parc. Ça fonctionne pour un, deux ou trois locataires. Mais si à l'avenir plus de personnes veulent équiper leur parking d'une borne, il va falloir trouver un système qui permette à tout le monde de le faire".

Nicolas Müller, responsable Mobilité électrique au Groupe E, admet qu'acquérir un véhicule électrique est encore un frein pour de nombreux locataires. A long terme, cela devrait changer: les nouvelles résidences construites intégreront toutes à l'avenir une installation de recharge dans leur parking. La Société suisse des ingénieurs et architectes planche sur une nouvelle norme de construction. Sans compter que les bornes de recharge poussent un peu partout dans l’espace public et dans les parkings d'entreprises.

Encore trop cher

Mais pour ce spécialiste de l'écomobilité, le boom attendu de la voiture électrique dépend avant tout de l’accroissement de l’offre à prix abordables. "Il y a encore peu de modèles à 30'000 francs. Il faut qu'on ait un choix plus large à la vente. Et là, les gens passeront à l’électrique", parie Nicolas Müller.

>> A ce sujet, regarder le reportage du 19h30 évoquer le prix élevé des modèles électriques lors du dernier Salon de l'Auto:

Toujours plus de voitures électriques sont vendues en Suisse. Mais elles restent souvent inaccessibles [RTS]
Toujours plus de voitures électriques sont vendues en Suisse. Mais elles restent souvent inaccessibles / 12h45 / 2 min. / le 16 mars 2019

Sujet TV: Patrick Le Fort
Adaptation web: Vincent Cherpillod

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"La mobilité électrique ne doit pas cacher les vrais enjeux"

La voiture électrique va-t-elle simplement remplacer la voiture à moteur thermique? "Non, parce que la voiture électrique possède quelques contraintes", argumente Guillaume Drevon. Ce chercheur de l’EPFL mentionne l’autonomie limitée de la batterie et la difficulté d’installer massivement des bornes de recharge chez les particuliers, en raison de la puissance nécessaire.

"Pour faire face au défi climatique, il faudrait économiser l’énergie et utiliser d’autres moyens de déplacement que le véhicule individuel motorisé", avance le chercheur. "Cela signifie à l’avenir que l’on va continuer à faire de l’intermodalité (utilisation de plusieurs modes de transports pour un déplacement), mais qu'on va aussi vers une mobilité plus frugale".