Modifié le 28 juin 2010 à 13:58

Station de bio-éthanol ouverte en Suisse

D'ici un an, 12 stations suisses proposeront du bio-éthanol
D'ici un an, 12 stations suisses proposeront du bio-éthanol [Keystone]
Les automobilistes de la région zurichoise peuvent désormais remplir leur réservoir de bio-éthanol. La première station service suisse qui offre ce carburant écologique a ouvert jeudi à Winterthour (ZH).

D'ici à un an, le distributeur AGROLA veut créer un réseau d'une
douzaine de stations service dans le pays, principalement à
proximité des centres. Toutes proposeront du bio-éthanol E85, un
produit composé de 85 % de bio-éthanol et de 15 % d'essence, a
indiqué la société dans un communiqué.

Premières voitures en septembre

Pour le moment, un seul modèle d'un constructeur de voitures
scandinave peut utiliser ce carburant. Les premiers véhicules
seront commercialisés en Suisse dès septembre. Selon la Régie
fédérale des alcools Alcosuisse, les véhicules qui fonctionnent
avec ce carburant rejettent 80 % de CO2 d'origine fossile en moins
que les véhicules traditionnels.

On peut déjà acheter un mélange de bio-éthanol et d'essence
depuis juin 2005 dans deux stations service jurassiennes à Délémont
et à Alle. Appelé «essEnce5», il est composé de 5 % de bio-éthanol
et de 95 % d'essence sans plomb 95. Ce mélange, vendu au même prix
que cette dernière, permet de réduire les émissions de CO2 de 3,5
%.

Des betteraves et du bois

Le bio-éthanol vendu à Winterthour est fabriqué à partir de
betteraves à sucre, de pommes de terre et de copeaux de bois. Outre
l'avantage écologique, le bio-éthanol E85 est moins cher que
l'essence. A Winterthour, un litre coûte 1,39 franc, soit plus de
20 % de moins que l'essence sans plomb 95, a relevé AGROLA.





Pour que ce carburant gagne des parts de marché en Suisse, la
Confédération devrait toutefois prendre des mesures
d'encouragement, relèvent AGROLA et Alcosuisse. Il faudrait par
exemple abaisser les impôts sur les véhicules écologiques ou
supprimer les taxes sur ce genre de carburant. Le bio-éthanol
importé est actuellement grevé d'une charge fiscale de 72 centimes
par litre.





ats/stp

Publié le 09 février 2007 à 22:54 - Modifié le 28 juin 2010 à 13:58

Ecologistes prudents

Les organisations écologistes se sont réjouies de l'ouverture de la première station service à bio-éthanol de Suisse. Mais elles mettent en garde les consommateurs: les carburants fabriqués à partir de matière organique ne sont pas toujours «bio».

Le WWF et Greenpeace portent un regard critique sur les biocarburants importés, que le Conseil fédéral prévoit de détaxer afin d'encourager leur consommation et de réduire les émissions de CO2. Les matières premières qui servent à leur fabrication ne sont pas cultivées de façon écologique, selon le WWF.

On déboise des parcelles de forêt tropicale pour y planter de la betterave à sucre, du soja ou des palmiers. «Si la demande mondiale en biocarburants augmentait, la pression sur ces forêts s'intensifierait», affirme le WWF.

Selon Greenpeace, pour résoudre le problème du CO2, il ne suffira pas d'encourager les carburants écologiques. «Il faut réduire la consommation de carburants tout court», selon la porte-parole
du WWF. Le WWF exige que la Confédération ne soutienne que les biocarburants qui protègent réellement l'environnement.