Modifié

Lancé avec succès, CHEOPS est prêt à observer les exoplanètes

Le télescope spatial Cheops peut entamer sa mission: interview Christophe Lovis [RTS]
Le télescope spatial Cheops peut entamer sa mission: interview Christophe Lovis / Forum (vidéo) / 5 min. / le 18 décembre 2019
Le télescope suisse CHEOPS a quitté la Terre mercredi pour gagner son poste d'observation des exoplanètes. Lancé depuis la Guyane française à bord d'une fusée Soyouz, l'engin a ensuite été placé sur orbite avec succès.

Le télescope a été largué deux heures et 25 minutes environ après son lancement depuis le centre de Kourou. Les deux manoeuvres requises se sont déroulées sans anicroche, selon des images et animations retransmises en direct par Arianespace. La séparation du lanceur a été accueillie par des applaudissements nourris de l'équipe CHEOPS.

Interrogé par l'agence Keystone-ATS, le Prix Nobel de physique 2019 Didier Queloz, présent sur place, s'est montré ravi du succès de l'opération. Des premiers tests doivent suivre pour voir si le satellite réagit.

>> Revoir les images du décollage:

Le télescope suisse CHEOPS a quitté la Terre mercredi matin [RTS]
Le télescope suisse CHEOPS a quitté la Terre mercredi matin / L'actu en vidéo / 2 min. / le 18 décembre 2019

La deuxième est la bonne

La défaillance d'un composant avait entraîné mardi l'arrêt du compte à rebours pour le lancement du télescope par la Suisse et l'Agence spatiale européenne (ESA). Un problème de logiciel au niveau de l'étage supérieur de la fusée, là où se trouvent les satellites, serait à l'origine de ce report.

>> Lire également: Le lancement du télescope suisse CHEOPS reporté d'au moins 24 heures

Après avoir analysé le problème, Arianespace avait indiqué en mardi fin de soirée heure suisse que l'arrêt du processus était dû à une pièce d'équipement défectueuse, sans fournir plus de détails. Cette pièce a été depuis remplacée.

"Photo de famille des exoplanètes"

"Cette mission représente une étape pour mieux comprendre l'astrophysique de toutes ces planètes étranges que nous avons découvertes et qui n'ont pas d'équivalence dans le système solaire", explique le Romand Didier Queloz.

Près de 4000 exoplanètes - orbitant autour d'une étoile autre que le Soleil - ont été détectées depuis que l'astrophysicien et son collègue de l'Université de Genève Michel Mayor ont débusqué la toute première, 51 Pegasi b, il y a 24 ans.

Aujourd'hui, on estime qu'il y a dans la galaxie au moins autant de planètes que d'étoiles, soit à peu près 100 milliards. "Nous voulons dépasser la statistique et les étudier en détail", expliquait David Ehrenreich, responsable scientifique de la mission CHEOPS.

Pas toutes bien sûr. Mais le télescope va en observer à peu près 500 et ainsi composer "une photo de famille des exoplanètes", raconte Günther Hasinger, le directeur des programmes scientifiques de l'ESA.

ats/gma

>> Voir les précisions d'Aurélie Coulon:

Lancement de Cheops: les explications d'Aurélie Coulon [RTS]
Lancement de Cheops: les explications d'Aurélie Coulon / 12h45 / 1 min. / le 18 décembre 2019

>> L'interview de Didier Queloz, prix Nobel de physique:

Cheops entré en orbite: les explications de Didier Queloz. [RTS]
Cheops entré en orbite: les explications de Didier Queloz. / 19h30 / 2 min. / le 18 décembre 2019
Publié Modifié

"C’est en comparant qu’on apprend !"

Interview dans le 12h30 de Willy Benz, l’astrophysicien à l’origine du projet CHEOPS qui a mobilisé 150 personnes dans 11 pays pendant 7 ans.

Après le report du décollage mardi pour un problème technique, aujourd’hui c’est un "ouf" de soulagement ?

La pression est retombée. On était vraiment tendu. Il faut comprendre que c’est l’accomplissement de sept ans de travail qui s’envole sur une fusée avec une énergie folle. Il y a beaucoup de choses qui peuvent mal se passer.

Le télescope est désormais en orbite autour de la Terre. A la limite entre le jour et la nuit. Pourquoi ?

Pour que l’on puisse observer au-dessus de la partie nuit de la Terre. Pour éviter la lumière réfléchie qui entre dans le télescope. Le but de CHEOPS est de faire des mesures de lumière ultraprécises, donc on se bat contre la lumière parasite.

Que souhaitez-vous découvrir ?

Nous voulons désormais savoir de quoi sont faites les exoplanètes, ces planètes en dehors du système solaire. Ce qu'on cherche en tant que scientifique, c’est comprendre. Par exemple, pourquoi la terre a ses caractéristiques ? D’où vient son eau, son atmosphère ? Le mieux qu'on puisse faire pour comprendre, c’est généralement de comparer. Dans le système solaire, on a que Mars et Venus pour se comparer. Avec les exoplanètes, on en a des milliers d’autres. C’est en comparant qu'on apprend.

Et pourquoi pas trouver une autre Terre avec de la vie ?

C’est une grande question que l’humanité se pose depuis des siècles. Ce qu'il y a de fantastique, c’est que nous sommes la première génération qui pourrait répondre à la question de manière scientifique. Ce n’est pas CHEOPS qui va le faire, mais il prépare le terrain pour les grands instruments qui suivent, comme le James Webb Space Telescope ou le E-ELT.

A quand les premiers résultats scientifiques pour CHEOPS ?

Les tests vont durer deux mois. Vers la mi-mars, nous basculerons en mode scientifique.