Modifié le 28 octobre 2019 à 16:24

Des montres presque entièrement conçues à partir de déchets plastiques

Les déchets plastiques des océans transformés en produits de haute qualité. C'est l'idée d'une start-up bâloise.
Les déchets plastiques des océans transformés en produits de haute qualité. C'est l'idée d'une start-up bâloise. 12h45 / 2 min. / le 28 octobre 2019
Transformer les déchets plastiques qui encombrent les océans en produits de haute qualité, et notamment en montres, telle est l'idée de la start-up bâloise Tide Ocean, qui a lancé l'expérience à grande échelle.

"Le plastique de la mer, c'est un déchet. Et l'industrie n'aime pas traiter les déchets. Les entreprises veulent garder leurs machines propres. En outre, le prix du plastique est relativement bon marché, et si quelque chose est bon marché, le fabricant est moins disposé à investir pour le recycler."

C'est fort de cette idée que Thomas Schori, le fondateur de Tide Ocean, a décidé de valoriser les déchets en plastique. Des dizaines de tonnes de plastique récoltées dans les océans sont désormais déchiquetées puis transformées en matériau de haute qualité.

Un important potentiel

A l'origine, ce patron d’une société horlogère voulait créer des bracelets de montre à base de plastique marin, mais il s'est vite rendu compte que le potentiel était bien plus grand. Le boîtier, les aiguilles, le cadran et le bracelet peuvent aussi être conçus à partir des granules de plastique conçues dans la firme bâloise.

Et le procédé pourrait s'étendre au-delà de l'horlogerie, car d'innombrables produits pourraient être conçus à partir de cette fibre synthétique.

Des entreprises intéressées à verdir leur image

En plus de valoriser les déchets, la start-up espère aussi inciter les gens à collecter ces déchets. Et plusieurs entreprises internationales, soucieuses de verdir leur image, ont déjà approché la start-up.

"Les grandes entreprises, particulièrement celles qui sont cotées en bourse, sont sous pression pour devenir durables. Elles doivent également prouver à leurs consommateurs qu’elles font quelque chose pour l’environnement", constate Thomas Schori.

Aujourd’hui, le plastique abandonné dans les océans ne vaut rien. Mais en le valorisant de la sorte, la start-up a trouvé des partenaires en Asie et dans les Caraïbes prêts à le collecter pour l’envoyer en Suisse. Thomas Schori précise d'ailleurs que si cette technologie a été développée en Suisse et que la production s'effectue en Suisse jusqu'à présent, l'objectif est de transformer à l'avenir le plastique sur place.

Fanny Zürcher/boi avec SRF

Publié le 28 octobre 2019 à 13:57 - Modifié le 28 octobre 2019 à 16:24