Modifié le 25 septembre 2019 à 21:44

Pour sauver l'humanité, il faut sauver les océans, selon les experts du climat

Le niveau des océans va massivement augmenter. Jusqu'à 1.10m de hausse avec nos modes de vie actuels.
Le niveau des océans va massivement augmenter. Jusqu'à 1.10m de hausse avec nos modes de vie actuels. 19h30 / 2 min. / le 25 septembre 2019
L’élévation du niveau des mers d'ici 2100 pourrait atteindre entre 43 et 84 centimètres et submerger des régions habitées par des centaines de millions de personnes. C'est ce qu'annonce un rapport du GIEC publié à Monaco et co-signé par des experts suisses.

Dans le monde entier, les changements climatiques entraîneront d’importantes modifications des glaciers, du pergélisol et des océans, ont indiqué mercredi à Berne devant la presse des responsables de l'Académie suisse des sciences naturelles (SCNAT), en parallèle à la publication du rapport à Monaco.

"Par exemple, en Suisse, si on ne réduit pas de moitié les émissions de CO2 dans les 10 prochaines années, on ne pourra plus skier à la fin du siècle", s'alarme mercredi dans Forum Samuel Morin, l'un des auteurs du rapport du GIEC, spécialiste de la couverture neigeuse et chercheur au Centre national français de recherche météorologique.

>> Ecouter l'interview de Samuel Morin dans Forum:

Une vue du galcier Pizol durant la commémoration par des organisations environnementales de la ''mort du glacier'' et de la fonte causée par le changement climatique
Gian Ehrenzeller - Keystone
Forum - Publié le 25 septembre 2019

De 2015 à 2100, les glaciers perdront de 18% à 36% de leur masse dans le monde, et même plus de 80% en Europe, selon ce document. Si les gaz à effet de serre continuent d’être émis en abondance, entre 49% et 89% du pergélisol peu profond pourrait dégeler d’ici 2100 au détriment de la stabilité du terrain.

D'ici la fin du siècle, des dizaines ou même des centaines de gigatonnes de cet élément s’échapperont ainsi dans l’atmosphère sous le forme de dioxyde de carbone ou de méthane et intensifieront le réchauffement climatique.

Chaleurs marines

Parlant des océans, le GIEC fait état de nouvelles conditions qui n’ont encore jamais existé depuis l’ère préindustrielle. Ils s’acidifient, contiennent toujours moins d’oxygène. Si les émissions de gaz à effet de serre se maintiennent à un haut niveau, les vagues de chaleur marines deviendront 50 fois plus fréquentes jusqu’en 2100.

"Nous constatons maintenant déjà des changements notables dans les océans, de la surface des eaux jusqu’aux grandes profondeurs, et des pôles aux tropiques. Cette évolution influencera la répartition et la densité de la vie partout dans nos mers", signale Thomas Fröhlicher, un auteur du GIEC de l’Université de Berne.

Au cours de ce siècle, l’élévation du niveau de la mer accroîtra sensiblement des risques tels que les raz-de-marée ou l’érosion du littoral. Rien que les dommages dus aux inondations augmenteront chaque année d’un facteur 100 à 1000.

>> Les explications du glaciologue Daniel Farinotti dans le 12h30:

Daniel Farinotti, professeur de glaciologie à l’EPFZ.
Swiss Federal Institute for Forest Snow and Landscape Reserch
Le 12h30 - Publié le 25 septembre 2019

Possibilités d'actions

"Pour beaucoup de gens, la haute mer, l’Arctique ou l’Antarctique semblent très loin. Or toute la population du globe, Suisse comprise, dépend de ces systèmes , pour la météo et le climat, pour l’eau et l’alimentation, pour l’énergie, le commerce, les transports, les loisirs et le tourisme, la santé et le bien-être, la culture et l’identité", conclut Thomas Fröhlicher.

Les auteurs du rapport du GIEC formulent de nombreuses possibilités d’action politiques, sociales et techniques et soulignent une nouvelle fois l’urgence de la situation.

>> Voir aussi notre sujet sur Bombay, en Inde, où la montée des eaux est déjà une réalité:

Inde: la ville de bombay est menacée par la montée des eaux
12h45 - Publié le 25 septembre 2019

ats/pym

Publié le 25 septembre 2019 à 11:23 - Modifié le 25 septembre 2019 à 21:44