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Nouveau maillon entre l'homme et le singe

Ardi constitue un nouveau maillon avec l'ancêtre commun aux grands singes. [Reuters]
Ardi constitue un nouveau maillon avec l'ancêtre commun aux grands singes. [Reuters]
La découverte dans les années 90 en Ethiopie du plus ancien squelette d'hominidé datant de 4,4 millions d'années dévoile une nouvelle étape dans l'évolution de l'homme qui nous rapproche de l'ancêtre commun des humains et des grands singes, selon des travaux parus jeudi.

Ce fossile d'une femelle nommée "Ardi" est le plus ancien
squelette connu de la branche humaine de la famille des primates
qui comprend les Homo sapiens ainsi que des espèces plus proches de
l'homme que les chimpanzés et les bonobos, expliquent ces
paléo-anthropologues dont onze études sont publiées dans la revue
américaine Science du 2 octobre.

La mise au jour d'Ardi permet une nouvelle compréhension de la
manière dont les hominidés --qui englobent la famille des grands
singes, dont les humains, les chimpanzés, les gorilles et les
orangs-outans--, descendraient d'un ancêtre commun.

Ancêtre commun il y a 6 millions d'années

Il est estimé que le dernier ancêtre commun aux humains et aux
chimpanzés aurait vécu il y a quelque six millions d'années. Avant
Ardi, le jalon le plus ancien connu dans l'évolution de l'homme
était un "homme-singe" bipède doté d'un petit cerveau et appelé
Australopithecus qui vivait entre quatre et un million d'années
avant l'époque actuelle.

"Lucy", un fossile d'un spécimen de cette espèce datant de 3,2
millions d'années, avait été découvert en 1974 à environ 72
kilomètres du lieu où a été mis au jour Ardi dans la région de
l'Afar.

Après la découverte de Lucy, les paléo-anthropologues espéraient,
en découvrant ultérieurement des fossiles d'hominidé plus ancien,
trouver l'ancêtre commun de l'homme et du chimpanzé. Mais le
squelette d'Ardi ne corrobore pas cette attente

Un ancêtre insaisissable

Ardi, en "nous rapprochant comme jamais auparavant de l'ancêtre
commun des singes et de l'homme, nous permet vraiment d'imaginer
ses traits", relève-t-il.

La conclusion "surprenante" des analyses des caractéristiques
biologiques et morphologiques d'Ardi est que les grands singes
africains et les humains ont suivi des chemins très différents
depuis leur séparation après leur dernier ancêtre commun, rendant
difficile d'imaginer ce dernier et de comprendre l'évolution
humaine, relève Tim White.

"Le seul moyen de savoir à quoi ressemblait cet ancêtre sera de le
trouver", a-t-il conclu, citant Charles Darwin qui mettait en garde
contre des extrapolations à partir des singes.

afp/ak

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