Modifié le 15 juin 2019 à 11:55

Une molécule antivieillissement prometteuse découverte à l'EPFL

La peau de la grenade contient des molécules qui, une fois digérées par l’organisme, produisent de l’urolithine A.
La peau de la grenade contient des molécules qui, une fois digérées par l’organisme, produisent de l’urolithine A. Le Journal horaire / 1 min. / le 14 juin 2019
L’urolithine A, une molécule dont des précurseurs se trouvent par exemple dans la grenade, pourrait permettre de ralentir des effets du vieillissement. Des chercheurs lausannois publient les résultats d'essais cliniques dans la revue Nature Metabolism.

Cette recherche a été menée par le laboratoire de Johan Auwerx à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), et par la start-up Amazentis, qui travaille depuis plusieurs années sur cette molécule. Elle montre que le processus de vieillissement peut être ralenti en améliorant l’activité des mitochondries, les usines énergétiques des cellules.

Tout comme d’autres fruits rouges, la peau de la grenade contient des molécules d’ellagitanine - un polyphénol - qui, une fois digérées par l’organisme, produisent de l’urolithine A. Les humains ne sont toutefois pas égaux devant ce processus et certaines personnes n’en produisent pas du tout.

Afin de s’assurer que tout le monde puisse bénéficier de la même dose d’urolithine A, les chercheurs ont isolé directement la molécule. C’est cette dernière qui a été administrée aux 60 participants de l’étude, des personnes âgées sédentaires en bonne santé, a indiqué vendredi l'EPFL dans un communiqué.

Pas d'effet secondaire

L’urolithine A a été prise oralement à des doses allant de 250 à 2000 mg, sans observer aucun effet secondaire par rapport au groupe placebo.

L’impact de l’urolithine A a aussi été évalué sur les biomarqueurs de la santé des cellules et des mitochondries dans le sang et dans les muscles. Il en ressort que la molécule stimule la fabrication de nouvelles mitochondries, un phénomène observé lors de la pratique d’une activité physique régulière.

Dans une cellule de personne jeune, les mitochondries sont éliminées lorsque des signes de faiblesse apparaissent. L’âge aidant, ce processus, la mitophagie, s’altère. Conséquence: de nombreux tissus, dont les muscles, s'affaiblissent. C’est cette évolution, connue dans sa forme la plus grave sous le nom de sarcopénie, que les chercheurs souhaitent enrayer.

Bientôt sur le marché?

L'urolithine A est la première molécule connue qui permet de renouveler les mitochondries déficientes en stimulant la mitophagie.

Forte de ces résultats, qui mettent également en évidence la sûreté du produit, Amazentis, basée au parc de l’innovation de l’EPFL et fondée par son ancien patron Patrick Aebischer, espère l’amener rapidement sur le marché.

ats/pym

Publié le 15 juin 2019 à 11:53 - Modifié le 15 juin 2019 à 11:55