Modifié le 13 mai 2019 à 12:52

L'hiver suisse faiblement ensoleillé ne couvre pas nos besoins en vitamine D

Sur la chaîne de montagne des Gastlosen, à Jaun, dans les préalpes fribourgeoises.
L'hiver suisse faiblement ensoleillé ne couvre pas nos besoins en vitamine D Le Journal horaire / 20 sec. / le 13 mai 2019
En hiver, la population suisse ne peut pas produire suffisamment de vitamine D en raison du faible ensoleillement, montre une étude financée par le Fonds National Suisse (FNS).

Trop de soleil augmente les risques de cancer de la peau. Mais une exposition modérée est nécessaire pour produire de la vitamine D. Cet élément est essentiel à la santé des os et pourrait également jouer un rôle préventif contre des infections respiratoires, des maladies auto-immunes et certains types de cancers, a indiqué lundi le FNS dans un communiqué.

Or selon cette nouvelle étude, de la fin de l’automne au début du printemps, l’ensoleillement en Suisse ne permet pas même d’approcher la dose quotidienne de 0,024 milligramme de vitamine D recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Les scientifiques ont mesuré tout au long de l’année l’intensité du rayonnement solaire dans le pays et ont intégré ces données dans une simulation informatique. Elle permet d’estimer avec précision l’impact de l’ensoleillement sur la production de vitamine D ainsi que les risques de coup de soleil.

Rayonnement UV atténué

En été, la production de vitamine D ne pose pas de problème: en milieu de journée, une personne vêtue d’un t-shirt (ce qui correspond à environ 22% de surface de peau exposée) produit la dose journalière recommandée en 10 à 15 minutes seulement.

La situation est différente en hiver. Seuls le visage et les mains sont généralement découverts, soit environ 8% de la surface de la peau. Mais surtout, le rayonnement UV est atténué du fait de son plus long trajet dans l’atmosphère.

Dans ces conditions, il faut une exposition d’au moins six heures et demie pour produire la dose de vitamine D recommandée. Non seulement une telle exposition est difficile à assurer, mais un coup de soleil surviendrait avant de pouvoir atteindre la dose journalière de vitamine D.

Eviter les solariums

Ces travaux confirment l’origine environnementale de la déficience saisonnière en vitamine D constatée dans la population suisse.

"Pour l’instant, notre recommandation principale serait surtout d’éviter les solariums en hiver", souligne David Vernez, responsable du projet et spécialiste de l’évaluation des risques au Centre universitaire de médecine générale et santé publique (Unisanté) à Lausanne. "Les risques de cancer de la peau outrepasseraient largement les éventuels bénéfices", selon lui.

ats/pym

Publié le 13 mai 2019 à 11:47 - Modifié le 13 mai 2019 à 12:52