Modifié le 06 mai 2019 à 13:44

Avancée majeure contre le cancer publiée par un doctorant jurassien

Des cellules immunitaires lymphocyte T cytotoxiques (petites) attaquant les cellules cancéreuses (grandes) à la suite du traitement contre Siglec-9 (en rouge).
Avancée majeure contre le cancer publiée par un doctorant jurassien Le Journal horaire / 1 min. / le 04 mai 2019
Le Jurassien Quentin Haas et son équipe ont découvert une nouvelle cible prometteuse dans la recherche sur les traitements par immunothérapie. Leur étude fait la couverture de la prestigieuse revue "Cancer Immunology Research" ce mois-ci.

L'immunothérapie est l'une des avancées principales en matière de lutte contre le cancer de ces dernières décennies. Elle était l'objet des recherches récompensées par le prix Nobel de médecine 2018.

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Ces traitements se basent sur des récepteurs-inhibiteurs des cellules cancéreuses, parfois appelés "checkpoints", qui trompent le système immunitaire. Le principe de l'immunothérapie est de masquer ces récepteurs afin que le corps élimine plus efficacement les cellules cancéreuses.

Traitements prometteurs mais incomplets

Il s'agit donc d'un traitement moins agressif, qui stimule le système immunitaire plutôt que d'attaquer directement le cancer.

Les immunothérapies actuelles ciblent un seul type de récepteurs-inhibiteurs. Or, selon les différents cancers, entre 50% et 80% des patients ne répondent pas au traitement, sans que les médecins ne se l'expliquent.

Les recherches publiées par Quentin Haas, chercheur du groupe du Professeur Stephan von Gunten à l'institut de pharmacologie de l'Université de Berne, permettent d'expliquer en partie ce taux d'échec.

"Une petite révolution"

L'étude, réalisée en collaboration avec les universités de Bâle et de Lausanne, met en évidence l'existence d'un nouveau type de récepteur, qui reconnaît les sucres complexes à la surface des cellules cancéreuses.

"Ce qu'on a montré, c'est que les tumeurs se couvrent de sucres complexes qui lisent ce récepteur (Siglec-9), inhibant ainsi la cellule immunitaire", explique Quentin Haas. "C'est une petite révolution, car depuis 30 ans, très peu d'importance était accordée aux sucres complexes en immuno-oncologie par rapport aux protéines".

Lorsque le premier récepteur est ciblé par l'immunothérapie, ce second récepteur peut donc prendre le relais. Selon le jeune chercheur, on peut espérer que des traitements soient développés sur base de cette découverte d'ici 5 à 10 ans.

Pierrik Jordan

Publié le 04 mai 2019 à 21:21 - Modifié le 06 mai 2019 à 13:44

Un écho international

La revue prestigieuse Cancer Immunology Research, qui bénéficie d'un fort impact, a mis la publication suisse à l'honneur, lui accordant même la première page de son édition de mai.





Cette découverte devrait ainsi permettre au groupe de chercheurs de bénéficier d'une forte visibilité au niveau international.