Publié le 20 avril 2019 à 10:53

L'autopsie virtuelle révolutionne l'analyse post-mortem d'un corps

La modélisation en trois dimensions des corps autopsiés se généralise en médecine légale
La modélisation en trois dimensions des corps autopsiés se généralise en médecine légale 19h30 / 2 min. / le 18 avril 2019
La médecine légale ne cesse d'évoluer. L'imagerie virtuelle vient désormais en aide aux médecins légistes. L'angiographie post-mortem est une nouvelle méthode d'autopsie permettant de visualiser les vaisseaux sanguins pour mieux définir la cause d'un décès.

Au Centre universitaire romand de médecine légale (CURML), à Lausanne, on cherche à déterminer la cause exacte d'un décès. Pour compléter l'autopsie traditionnelle d'un corps, les médecins légistes emploient une nouvelle méthode permettant de visualiser l'intégralité des vaisseaux sanguins: l'autopsie virtuelle ou angiographie post-mortem.

L'autopsie virtuelle permet de voir plusieurs couches du corps humain à la fois ou séparément. L'autopsie virtuelle permet de voir plusieurs couches du corps humain à la fois ou séparément. [RTS] Pour y parvenir, il faut ouvrir l'artère et la veine fémorales d'un cadavre et y injecter un liquide de contraste: "Ce produit est mélangé à une huile de paraffine qui va permettre une diffusion optimale à l'intérieur du corps", explique Alexandre Dominguez, technicien en radiologie au CURML.   

Cette substance prend la place du sang dans les vaisseaux. Un scanner du corps est ensuite effectué: il permet aux médecins légistes d'obtenir des informations précieuses sur l'origine d'une hémorragie, par exemple: "On voit clairement, grâce au produit de contraste, qu'une personne a perdu beaucoup de sang", souligne Pia Genet, médecin légiste au CURML. "Donc qu'elle a eu une grosse hémorragie dans la cavité abdominale".

La "documentation d'une personne"

Une fois la peau "enlevée" par ordinateur, il est possible d'identifier uniquement les vaisseaux sanguins et le squelette, par exemple. Une fois la peau "enlevée" par ordinateur, il est possible d'identifier uniquement les vaisseaux sanguins et le squelette, par exemple. [RTS] Cette méthode est utilisée à la demande de la justice. Elle permet de récolter des images en 3D, récupérables à tout moment en cas de doute. Silke Grabherr, la directrice du Centre de médecine légale, est la conceptrice de cette nouvelle méthode d'autopsie: elle va d'ailleurs recevoir le Prix du rayonnement académique 2019, le 21 mai prochain, à Lausanne.

Selon la professeure, "c'est une cartographie, une très bonne documentation d'une personne et ça permet aussi – même une année après, si des questions nouvelles se posent – de revenir sur le corps, de refaire des examens, alors que le corps original n'est plus là". 

Des images détaillées qui donnent des informations très précises sur la peau, les os, les organes et les vaisseaux d'un individu. Elles permettent également de détecter des erreurs médicales.

Cinq cents autopsies sont effectuées chaque année entre Genève et Lausanne, dont environ deux cents angiographies post mortem.

Chloé Steulet/sjaq

Publié le 20 avril 2019 à 10:53