Modifié mardi à 08:02

La transplantation fécale réduirait les symptômes du spectre de lʹautisme

Le microbiote et la flore intestinale
La transplantation fécale pourrait réduire les symptômes du spectre de lʹautisme CQFD / 10 min. / lundi à 10:04
Soigner lʹintestin en le débarrassant de certaines bactéries pour les remplacer par dʹautres pourrait soigner certains troubles psychiques, comme lʹautisme. Tels sont les résultats d'une étude publiée dans la revue Nature.

Comme les troubles autistiques s’accompagnent souvent de maux gastro-intestinaux, une équipe de chercheurs de l’Université de l’Arizona a étudié les liens entre le microbiote intestinal, souvent qualifié de deuxième cerveau, et le système nerveux.

En 2017, ils ont remplacé la flore intestinale de 18 enfants atteints de troubles autistiques. Ils les ont suivis sur 10 semaines, en parallèle avec un groupe de contrôle. Ils ont constaté une nette amélioration des problèmes gastro-intestinaux.

Les scientifiques ont également remarqué que l’effet bénéfique s'est prolongé dans le temps et que des symptômes du spectre de l'autisme, comme les difficultés de socialisation et de communication, ont diminué dans certains cas.

Première étude surprenante

Pour Stephan Eliez, professeur au Département de psychiatrie de l'Université de Genève et directeur général de la Fondation Pôle Autisme, interrogé lundi dans l'émission CQFD, cette publication est une première étude préliminaire qui apporte des résultats surprenants.

"Le tout est de savoir pourquoi le fonctionnement psychique de ces enfants s'est amélioré. Il y a deux possibilités: avoir moins de troubles gastro-intestinaux stresse moins ces enfants et par ricochet améliore leur fonctionnement. Ou alors le microbiote a un effet direct sur le fonctionnement psychique," a précisé le professeur Eliez.

D'autres études vont donc être lancées, avec des échantillons plus grands, pour tenter de répondre à cette question. 

Sujet radio: Huma Khamis

Adaptation web: France-Anne Landry

Publié lundi à 16:24 - Modifié mardi à 08:02