Modifié le 06 mars 2019 à 20:57

A Sion, de l'électricité produite grâce aux microbes dans les eaux usées

A Sion, des chercheurs ont réussi à produire de l’électricité à partir des microbes présents dans les eaux usées
A Sion, des chercheurs ont réussi à produire de l’électricité à partir des microbes présents dans les eaux usées 19h30 / 2 min. / le 06 mars 2019
Des chercheurs de la HES-SO Valais ont développé la plus longue pile à combustible microbienne au monde, qui permet de produire de l'électricité en épurant les eaux usées. Un essai a été présenté mercredi à la STEP de Sion.

La Haute école d'ingénierie de la HES-SO Valais a présenté mercredi matin à la station d'épuration de Sion un projet-pilote consistant à produire de l'électricité grâce aux microbes présents dans les eaux usées, au moyen d'une pile à combustible microbienne de 14 mètres, la plus longue au monde.

De manière très résumée, lorsqu'ils digèrent la matière organique présente dans les eaux usées, les micro-organismes produisent des électrons que les scientifiques ont le moyen de transférer vers une électrode.

Opérationnelle depuis fin 2018, la pile à combustible microbienne de Sion produit assez d'électricité pour alimenter plusieurs piles de lithium et épure "gratuitement" l'eau de ses éléments organiques, selon la HES-SO.

Vers des stations d'épuration autonomes?

L'épuration des eaux usées dans les pays industrialisés consomme 1 à 2% de la totalité de l'énergie mondiale. Selon les chercheurs, cette technologie pourrait permettre à terme aux stations d'épuration de devenir non seulement autonomes, mais même productrices d'électricité nette.

"Une station d'épuration doit devenir un 'profit center' et pas un coût pour les communes", explique le professeur Fabian Fischer qui dirige le projet. A long terme, son équipe imagine faire "une sorte de raffinage des eaux usées, où on produit de l'électricité mais on sort aussi ce qu'il y a dans l'eau usée pour créer des produits".

La prochaine étape visée par le scientifique: "produire (...) une installation qui purifie la totalité de l'eau d'une station d'épuration".

Economies estimées à 600'000 francs par an

La recherche n'en est qu'à ses débuts et le projet sera encore affiné durant deux ans. A Sion, seulement 1 à 2% des eaux usées sont actuellement purifiées mais avec une installation aboutie, la STEP pourrait économiser plus de 600'000 francs par an en énergie et couvrir les besoins de 250 foyers.

Les chercheurs sont en discussion avec cinq autres sociétés pour les développements futurs de leur projet.

Sujet radio: Julie Rausis

Adaptation web: Pauline Turuban

Publié le 06 mars 2019 à 15:34 - Modifié le 06 mars 2019 à 20:57