Modifié le 28 juin 2010 à 13:57

De nombreux poissons menacés en Suisse

Les pêcheurs fribourgeois pourront retaquiner la truite.
Les poissons ne sont pas menacés que par les pêcheurs. [Keystone]
Près d'une variété de poissons sur deux est menacée en Suisse. Selon une étude publiée vendredi, 6 espèces (loche d'étang, roi du Doubs, sofie, savetta, truite marbrée, nase) risquent purement et simplement l'extinction.

D'après l'Office fédéral de l'environnement, ces six espèces
rejoindraient ainsi la lamproie de rivière, l'esturgeon de
l'Atlantique et celui de l'Adriatique, la grande alose et l'alose
feinte, le saumon, la truite de mer et le huchon, qui ont disparu
des eaux helvétiques ces cent dernières années.

Cette annonce intervient alors que des taux de PCB anormalement
hauts sont enregistrés dans plusieurs rivières de Suisse, notamment
dans la Birse. Le demi-canton de Bâle-Campagne pourrait bientôt
ordonner des interdictions (voir ci-contre).

Liste rouge

Cinq espèces sont en danger (truite de lac, ghiozzo, alborella,
petite lamproie, bouvière) et treize autres ont le statut de
vulnérables. Au total, plus de 58% des variétés de poissons suisses
font ainsi partie de la liste rouge (14% d'espèces éteintes plus
44% d'espèces à risque).





Parmi les variétés restantes, neuf sont "potentiellement menacées"
et quatorze sont d'une préoccupation mineure, selon une analyse de
55 espèces sur la base de plus de 17'000 saisies dans plus de 5000
emplacements.

Mode de vie spécialisé

Le risque de voir une population de poissons diminuer est
d'autant plus grand que leur mode de vie est spécialisé. Le nase
qui se nourrit uniquement des diatomées est ainsi menacé
d'extinction. Plus de la moitié des variétés ne mangeant que des
macroinvertébrés benthiques ou des insectes volants sont sur la
liste rouge, alors que la proportion n'est que de 25% chez les
espèces omnivores.





Même remarque pour la reproduction. Les poissons qui un besoin
d'un substrat de gravier meuble et lâche pour frayer sont plus en
danger que ceux qui peuvent se reproduire dans la végétation
aquatique. Par ailleurs, les espèces peuplant les eaux vives sont
plus fortement menacées que celles habitant les eaux stagnantes ou
pouvant vivre dans les deux types de milieux.





ats/boi

Publié le 07 mai 2008 à 11:40 - Modifié le 28 juin 2010 à 13:57

Taux de PCB dépassés à Bâle

De nouvelles analyses ont révélé des taux de PCB jusqu'à 5 fois plus élevés que la norme européenne dans des truites pêchées dans la Birse, vers Liesberg (BL).

Le demi-canton pourrait interdire de consommer ces poissons dans certains secteurs.

Ailleurs, des recommandations devraient suffire.

Les autorités annoncent des décisions pour la semaine prochaine.

Ces nouvelles analyses viennent contredire celles effectuées en début d'année, qui n'avaient pas montré de teneurs supérieures au maximum autorisé.

Interdictions actuelles

Le Jura a lui interdit la pêche dans la Birse et une enquête est en cours pour déterminer l'origine de cette pollution au PCB. En amont, Berne recommande aux pêcheurs de faire preuve de "retenue", sans édicter d'interdiction. Les teneurs en PCB enregistrées dans les eaux bernoises sont beaucoup plus faibles que dans le Jura, et les poissons ne remontent pas le courant.

A Fribourg, en revanche, la pêche est interdite dans la Sarine et plusieurs autres cours d'eau.

Dans le Léman, les ombles chevaliers peuvent nager en toute quiétude en France, qui interdit leur pêche. Côté suisse, des analyses sont en cours, mais la pêche est permise. Au niveau fédéral, un groupe de travail a été constitué et devrait rendre ses premiers résultats en automne.