Modifié

"Les moyens de lutte contre le deal de rue ont été renforcés" dès 2012

L'invité de Romain Clivaz (vidéo) - Eric Cottier, procureur général du canton de Vaud [RTS]
L'invité de Romain Clivaz (vidéo) - Eric Cottier, procureur général du canton de Vaud / La Matinale / 10 min. / le 20 juin 2018
Pour le procureur général vaudois Eric Cottier, la lutte contre le deal de rue n'est pas un "succès total", mais un travail considérable a déjà été accompli dans le canton de Vaud depuis 2012.

La problématique du deal de rue existe depuis longtemps pour la justice, la police ou même les prisons, et "elle est traitée avec les moyens légaux à disposition", rappelle mercredi dans La Matinale de la RTS le procureur général du canton de Vaud Eric Cottier. "On ne peut pas dire aujourd'hui que le succès est total, mais il ne faut pas oublier ce qui a été accompli ces dernières années."

Le procureur général souligne que les "moyens ont été considérablement renforcés", déjà à partir de 2012. "Les moyens qui ont été déployés, les constructions de prisons, le renforcement des forces policières vont se poursuivre", indique Eric Cottier, en insistant sur la mobilité nécessaire de la structure de lutte contre le deal de rue, qui doit "pouvoir s'adapter à l'actualité".

Des propositions politiques plus ou moins pertinentes

Pour contrer le deal de rue, le PLR vaudois a proposé un renforcement des sanctions en cas de récidive, notamment avec l'introduction d'une peine plancher automatique. Eric Cottier signale que les peines planchers sont régulièrement à l'étude et font débat dans le cadre de l'institution judiciaire.

"La proposition peut être pertinente", considère le procureur général vaudois, "pour autant qu'elle ne soit pas chargée d'émotion au moment où les décisions sont prises, avec ensuite des excès qui rendent la loi très difficile à appliquer."

Le Parti socialiste, lui, demande que la quantité minimale de drogue soit abaissée, afin de pouvoir sanctionner plus rapidement les dealers.

"Le cas grave de trafic est défini dans la Loi fédérale sur les stupéfiants", explique Eric Cottier. Le cas grave est fixé en fonction d'une quantité de drogue transportée. "Celle-ci a été fixée en collaboration avec des spécialistes du monde médical et tiennent compte d'un critère de mise en danger de la santé et de la vie des personnes", précise le procureur vaudois. Pour lui, "l'arsenal légal est suffisant" pour sanctionner même le trafic et la vente de quelques boulettes.

Propos recueillis par Romain Clivaz

Adaptation web: Eric Butticaz

Publié Modifié

Des "zones de non-droit"

La proposition de "zones de deal protégées" loin des écoles et des zones habitables émise par le conseiller national PDC vaudois Claude Béglé ne satisfait absolument pas Eric Cottier, qui la qualifie même de "farfelue". "C'est comme si la femme de ménage à qui on demande d'enlever la poussière se contente de la cacher sous le tapis..."

Pour le procureur général vaudois, il est faux de parler de "zones protégées", il s'agit en fait de "zones de non-droit", et "des zones de non-droit ne sont pas admissibles dans un Etat de droit comme le nôtre".