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Maltraitances sur autistes: "Il y a un manque de contrôle de l'Etat de Vaud"

Instituts subventionnés: le rôle des contrôles [RTS]
Instituts subventionnés: le rôle des contrôles / 19h30 / 2 min. / le 22 mars 2018
Le président de l'association Autisme Suisse romande estime que le canton de Vaud, qui finance 95% de l'institution vaudoise accusée de maltraitance sur des jeunes autistes, devrait s'impliquer davantage en matière de contrôle.

"Surmédication, maltraitance physique, négligence au niveau de l'hygiène et enfants laissés inactifs durant des heures, des semaines, voire des mois." Voilà le type de maltraitances que le père d'un ancien résident de la Cité du Genévrier dénonce au 19h30 de la RTS.

L'institution pour personnes handicapées mentales au-dessus de Vevey (VD) fait l'objet d'une plainte depuis 2016 pour maltraitance. Le groupe Baobab, une section spécialement réservée pour la prise en charge de personnes atteintes d'autisme, a fermé depuis.

>> Lire: Une institution vaudoise accusée de maltraitance sur de jeunes autistes

Maltraitance réfutée

La direction admet des dysfonctionnements, mais réfute la maltraitance. Selon son directeur Eric Haberkorn, l'institution est soumise à des contrôles fréquents.

La Civess, une commission de l'Etat qui regroupe des inspecteurs du domaine, leur rendent visite une à deux fois par année. "À la fin de leur audit, ils nous donnent leur conclusion dans un rapport écrit", explique le directeur de la Cité du Genévrier.

Insuffisant, rétorque le président d'Autisme Suisse romande, Yves Crausaz. L'Etat de Vaud, qui finance l'institution à plus de 95%, n'assumerait pas pleinement ses responsabilités en matière de contrôle. "Il n'y a pas assez de curiosité de la part de l'Etat, qui n'a pas envie d'aller gratter dans les institutions parce qu'il n'a pas envie de sortir de la situation actuelle."

Yves Crausaz déplore des inspections faites pour vérifier le fonctionnement général de l'institution, mais pas la prise en charge des personnes. "Je pense qu'ils ont vérifié que les médicaments étaient bien sous clés et que le personnel était suffisant, mais pas si les éducateurs sont adéquats ou suffisamment formés".

Un sujet "pris au sérieux"

Fabio Bertozzi conteste ces reproches. Le chef de section au Service de prévoyance et d'aides sociales du Département de la santé et de l'action sociale (DSAS) assure que le sujet est pris très au sérieux. En plus d'une enquête pénale et des contrôles de la CIVESS, une commission des plaintes indépendante enquête actuellement sur le sujet.

"Il y a trois instances séparées qui ont enquêté de manière indépendante et qui n'arrivent pas à confirmer ce qui est dénoncé dans ce cas", indique-t-il.

L'enquête pénale en question a été demandée par la direction de la Cité du Genévrier à la suite de l'envoi d'une lettre anonyme de la part d'un éducateur à des parents. La direction avait alors porté plainte pour diffamation. L'enquête s'était donc intéressée à la fois à la plainte pour diffamation (dont le but était de retrouver, en vain, l'auteur de la lettre) et à l'accusation de maltraitance.

En attendant les résultats de la commission des plaintes, qui devrait aboutir le mois prochain, la pression s'accroît: après les révélations de l'affaire mercredi, d'autres personnes ont témoigné pour dénoncer des dysfonctionnements dans d'autres secteurs de l'institution.

Séverine Chave/fme

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