Modifié le 15 février 2018

Des milliards de fourmis invasives ont colonisé un quartier de Cully (VD)

VD: le village de Cully fait face à une invasion de fourmis exotiques
VD: le village de Cully fait face à une invasion de fourmis exotiques 19h30 / 2 min. / le 15 février 2018
Tapinoma magnum, une fourmi venue du bassin méditerranéen, donne des sueurs froides aux biologistes et aux autorités vaudoises. Des milliards de ces insectes ont envahi une église, un cimetière et un chantier situés à Cully.

L'alerte a été donnée en août dans la garderie située sous l'église. C'est ensuite un chantier situé à proximité qui a été colonisé, indique 24 heures jeudi.

Au total, les milliards de fourmis de la colonie se répartissent aujourd'hui sur 2,3 hectares. Certains habitants ont aussi trouvé la bestiole dans leur maison.

Les fourmis sont probablement arrivées via un arbuste en pot importé de Méditerranée et placé dans le cimetière situé près de là.

Jamais vue en Suisse

Encore jamais observée en Suisse, cette espèce de fourmi inquiète parce qu'elle se montre aussi résistante qu'invasive. D'une part, alors que les fourmis suisses hibernent, Tapinoma magnum résiste à des températures largement sous 0 degré. Ensuite, un nid contient jusqu'à 350 reines et des millions d'ouvrières qui peuvent vite proliférer.

On craint aussi que cette espèce, qui apprécie particulièrement les villes, finisse par dominer les fourmis locales et influence à terme la biodiversité vaudoise.

>> Ecouter l'interview du zoologue Daniel Cherix:

Une colonie de fourmis a envahi le cimetière de Cully (image d'illustration).
Catherine Crevoisier Boyer - RTS
Le 12h30 - Publié le 15 février 2018

boi

Publié le 15 février 2018 - Modifié le 15 février 2018

Pas de panique pour le moment

Les biologistes interrogés par 24 Heures mettent en garde contre tout effet de panique, car il n'y a pas de véritable danger pour le moment, ni de risque sanitaire.

Toutefois, si Tapinoma magnum ne pique pas, elle peut grimper sur les jambes et mordre, causant des démangeaisons.

En outre, les dégâts sur la végétation peuvent être importants. De gros ravages ont ainsi été constatés sur des cultures en Italie et un potager de Cully a déjà subi des dégâts. On craint par conséquent pour les vignes environnantes.

Les biologistes ne souhaitent toutefois pas sortir l'artillerie lourde pour le moment et privilégient un traitement plus léger dans un premier temps pour contenir la colonisation. Même si une éradication complète pourrait être difficile, comme en témoigne une colonie arrivée à Ostende (Belgique) en 2014 et qui résiste toujours.