Modifié le 26 juin 2017

Les métiers de bouche vaudois se plaignent de la concurrence paysanne

Les offres de brunchs ou repas à la ferme et de vente directe se multiplient.
Les métiers de bouche vaudois se plaignent de la concurrence paysanne Le Journal du matin / 1 min. / le 26 juin 2017
La diversification du milieu agricole vers la restauration et l'alimentation inquiète les métiers de bouche dans le canton de Vaud. Certains bouchers, boulangers ou restaurateurs parlent de concurrence déloyale.

Brunchs et repas à la ferme, vente directe, et même désormais une patente cantonale en élaboration de produits fermiers: les agriculteurs multiplient les offres au public pour trouver de nouveaux revenus. Mais l'enquête de la RTS montre que les organisations faîtières des métiers de bouche demandent un dialogue avec les agriculteurs et exigent une action du gouvernement vaudois.

Rendez-vous demandé avec Philippe Leuba

L'Association vaudoise des cafetiers, restaurateurs et hôteliers (Gastrovaud), la Fondation vaudoise pour la formation des métiers de bouche ou encore l'Association vaudoise des maîtres bouchers-charcutiers (AVMBC) devraient prochainement rencontrer le conseiller d'Etat en charge de l'Agriculture, Philippe Leuba. Objectif: lui faire part de leurs inquiétudes notamment autour des brunchs et autres repas organisés à la ferme.

"Aujourd'hui, on s'interroge sur le fait que ces brunchs se développent de plus en plus alors que les agriculteurs ne sont pas soumis à une TVA et que la restauration est soumise à une TVA de 8%, que la convention collective de la restauration est beaucoup plus restrictive que celle de l'agriculture, et qu'un certain nombre de règles - en matière d'hygiène ou d'infrastructures notamment - ne sont pas appliquées aux milieux agricoles", explique le président de Gastrovaud, Gilles Meystre.

"Mêmes normes" demandées pour la vente directe à la ferme

Autre souci pour certains métiers de bouche: la vente directe pratiquée par les agriculteurs.

"On exige que les agriculteurs qui se mettent à faire de la vente directe soient aux mêmes normes que nous. Je parle des contrôles des balances, je parle de l'hygiène, de la sécurité au travail. Est-ce que ces personnes paient de la TVA? Est-ce qu'elles paient des impôts?" s'interroge le président de l'Association vaudoise des maîtres bouchers-charcutiers, José Naef.

De son côté, l'Association vaudoise de promotion des métiers de la terre Prométerre assure que les agriculteurs respectent exactement les mêmes règles que les métiers de bouche. L'association se dit également ouverte au dialogue et soucieuse de mettre à plat tous les griefs.

>> Ecouter l'interview:

Un brunch du 1er Août dans une ferme des Grisons.
Le 12h30 - Publié le 26 juin 2017
 

Marc Menichini/Céline Fontannaz/oang

Publié le 26 juin 2017 - Modifié le 26 juin 2017

Formation en élaboration de produits fermiers

Certains boulangers et bouchers ne voient pas non plus d'un bon oeil l'arrivée des premiers détenteurs d'une patente en élaboration de produits fermiers, formation proposée par le canton aux agriculteurs.

Cette patente permettra-t-elle de faire d'une ferme une boulangerie ou une boucherie, se demandent les métiers de bouche. Autant de questions qui seront prochainement soumises à la filière agricole vaudoise, par l'entremise du conseiller d'Etat Philippe Leuba.