Modifié

L'Eglise protestante vaudoise aurait étouffé un cas d'abus sexuel présumé à la fin des années 1990

La silhouette d'un crucifix et un vitrail à l'intérieur d'une église catholique de la Nouvelle-Orléans. (image d'illustration) [AP Photo/Keystone - Gerald Herbert]
L’Eglise réformée vaudoise fera-t-elle le ménage? Interview de Vincent Guyaz / Forum / 5 min. / mercredi à 18:04
A la fin des années 1990, un cas d'abus sexuel présumé au sein de l'Eglise protestante aurait été étouffé dans le canton de Vaud, comme le révèle ce mercredi Le Temps qui publie une enquête de Protestinfo.

Après une dénonciation concernant un professeur de théologie de l’Université de Lausanne, l’Eglise réformée et l’Etat de Vaud se seraient accordés secrètement pour passer les faits sous silence. Une ardoise de 100'000 francs aurait été effacée par l'Etat de Vaud pour que la vérité ne soit pas révélée, comme le révèle ce mercredi Le Temps qui publie une enquête de Protestinfo.

Toujours selon cette enquête, la victime présumée, étudiante à l'époque, a décidé de parler. "Il faut maintenant que cette affaire soit rendue publique", explique une source qui souhaite rester anonyme.

Sa prise de parole fait suite à la décision des Eglises réformées suisses de renoncer, il y a un mois, à enquêter sur d’éventuels abus commis en leur sein.

>> Lire aussi : Le Synode de l'Eglise protestante refuse de lancer une étude sur les abus sexuels

"Un amalgame"

Pour Vincent Guyaz, pasteur et vice-président du Conseil synodal de l’Église réformée vaudoise, cette affaire pointe effectivement son institution, "mais il faut remettre chaque chose à sa place", rectifie-t-il au micro de Forum. "Les faits incriminés auraient eu lieu dans le cadre de la faculté de théologie de l'Université de Lausanne. Ce n'est donc pas au sein de l'Eglise réformée vaudoise que ça a eu lieu."

Pour lui, il y a clairement un amalgame entre responsabilité de l'Etat et responsabilité de l'Eglise. "A l'époque, des bourses étaient attribuées par l'Etat à des gens qui s'engageaient ensuite comme pasteur. Ce qu'on a comme trace, c'est que l'Etat aurait renoncé au remboursement de la dette d'une personne, probablement le compagnon de la personne qui avait signalé l'abus", souligne-t-il, insistant sur les nombreuses incertitudes qui entourent cette affaire.

Revenant sur la décision des Eglises réformées suisses de renoncer à enquêter sur d’éventuels abus commis en leur sein, Vincent Guyaz rétorque qu'il y a un malentendu.

"On veut faire la lumière sur ces affaires d'abus", assure-t-il, ajoutant que les Eglises cantonales s'impliquent d'ailleurs déjà énormément en ce sens. "Notre Eglise vaudoise a par exemple mis en place depuis trois ans un certain nombre de processus et de structures, et notamment un organisme neutre et indépendant auprès duquel les victimes ou les témoins peuvent s'annoncer", poursuit-il. "Nous n'avons aucune intention de cacher des choses sous le tapis, mais c'est la manière avec laquelle cette enquête a été présentée qui ne nous a pas paru adéquate", raison pour laquelle, selon lui, elle a été refusée.

Propos recueillis: Coralie Claude

Texte web: Fabien Grenon

Publié Modifié