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Santé publique, économie et médecine s'allient à Lausanne pour mieux se faire entendre

Le centre Unisanté, à Lausanne. [Laurent Gilliéron - Keystone]
Une plateforme vaudoise pour les scientifiques, l'économie et la santé publique: interview de Joachim Marti / Le 12h30 / 3 min. / le 26 octobre 2022
A Lausanne, le domaine de la santé publique, l'économie et la médecine s'allient pour communiquer des informations de qualité aux décideurs politiques. L'Université de Lausanne et Unisanté lancent officiellement ce mercredi une structure commune en ce sens.

Son nom officiel est le "Lausanne Center for health, economics, behavior and policy" (LCHE), autrement dit la "plateforme lausannoise pour l’économie, le comportement et les politiques de santé". Son but? Permettre aux décideurs de mettre en place une politique de la santé réaliste en leur communiquant des informations de qualité, comme l'explique dans le 12h30 l'un de ses co-présidents, Joachim Marti.

"Il faut réaliser que le temps politique et celui de la recherche sont différents. Les projets de recherche qu'on espère mener vont permettre de prendre du recul sur des problèmes très complexes auxquels sont confrontés les systèmes de santé. Et c’est important qu'on travaille entre disciplines pour arriver, à la fin, à des solutions très concrètes pour les décideurs", détaille-t-il.

Une structure interdisciplinaire

Réunissant médecins, économistes ou encore chercheurs en santé publique, il s'agit donc d'une plateforme interdisciplinaire. Une caractéristique plus que centrale pour Joachim Marti. "On a chacun nos perspectives, nos forces, nos faiblesse et nos outils. Et on a l’habitude dans le milieu académique de travailler de manière isolée. Alors c’est vraiment une structure qui va permettre aux gens de se parler entre eux et travailler avec un même but."

La démarche scientifique, qui consiste habituellement à faire des projets de recherche et de voir ensuite s'ils sont utiles, sera dès lors inversée. "Là, l’idée est de co-construire ces projets de recherche avec les décideurs pour s'assurer qu'ils aient une vraie utilité à la fin."

Cette interdisciplinarité permettra d'aborder de nombreux sujets, comme la surmédication, autrement dit "la sur-utilisation de soins dont le rapport coût/bénéfice est plutôt défavorable". Mais pas seulement. "Il y a un autre problème dont on parle moins, c’est celui de la sous-médication, c'est-à-dire qu'il y a certaines pratiques qui sont sous-utilisées dans le système, par exemple le dépistage de certains cancers. On doit bien s'assurer d'avoir un bon niveau d’utilisation pour les soins qui amènent un bénéfice pour les patients."

Le fait que, pendant le Covid, les scientifiques n’étaient pas suffisamment écoutés des politiques est certainement l'une des raisons qui ont poussé ses initiateurs à lancer cette structure. Outre les activités habituelles pour lesquelles les scientifiques sont très à l'aise comme l’enseignement, les projets de recherche internationaux et nationaux, le transfert de connaissances vers les politiques est en effet un véritable défi. "On va se forcer de le relever ensemble et construire des projets de recherche dès le début en formulant des questions de recherche directement avec les décideurs", conclut Joachim Marti.

Propos recueillis par Coralie Claude

Sujet pour le web: Fabien Grenon

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