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Cesla Amarelle: "Entre 6% et 10% des jeunes filles sont touchées par la précarité menstruelle"

Interview : Cesla Amarelle [RTS]
Interview : Cesla Amarelle / Mise au point / 4 min. / le 21 mars 2021
Au début du mois de mars, le Grand Conseil vaudois s'est montré favorable à la distribution de protections hygiéniques relatives aux règles en libre accès dans les écoles. Invitée de Mise au Point, la conseillère d'Etat Cesla Amarelle explique que la demande des jeunes filles est "immense".

Avoir ses menstruations et ne pas être en capacité de s'acheter les protections hygiéniques adéquates est une réalité pour de nombreuses jeunes filles.

Pour Cesla Amarelle, cheffe du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture du canton de Vaud, cette situation est encore difficilement quantifiable, car on manque de statistiques. Elle estime toutefois "qu'entre 6% et 10%" des étudiantes seraient concernées.

"On sait que la demande est immense. Depuis maintenant plusieurs années, les conseils de jeunes nous rappellent qu'ils ont besoin de ces distributeurs de protections hygiéniques", a déclaré la conseillère d'Etat dimanche dans Mise au Point.

>> Le reportage de Mise au point sur la précarité menstruelle des étudiantes:

Des protections menstruelles gratuites dans les écoles [RTS]
Des protections menstruelles gratuites dans les écoles / Mise au point / 12 min. / le 21 mars 2021

Un problème multidimensionnel

L'élue a aussi rappelé les risques que cette précarité peut engendrer: "Cette précarité a évidemment des conséquences sanitaires avec des risques d'infection, le fameux choc toxique dont on parle souvent mais aussi des problèmes dermatologiques."

La conseillère d'Etat socialiste rappelle par ailleurs que les conséquences ne sont pas seulement médicales. Elles ont également un impact direct sur la façon dont se déroule la scolarité.

"Il y a aussi des risques pédagogiques et scolaires, puisqu'on sait qu'il y a un certain nombre de jeunes filles qui ne vont pas à l'école à cause de cette précarité menstruelle. Et c'est donc tous les mois qu'il y a des jours d'absence avec des risques de décrochage scolaire assez importants."

Quels coûts pour le canton?

Questionnée pour savoir quels coûts pouvaient avoir cette politique sur le canton, Cesla Amarelle explique qu'il faudra attendre le lancement des projets pilotes dans plusieurs dizaines d'établissements au début du mois de mai pour y voir plus clair.

"Pour l'instant, ce qui coûte ce sont les produits de protection hygiénique et non pas tellement les distributeurs. Nous avons la chance de faire ces projets pilotes pour voir combien cela coûte. Nous avons toutefois estimé que c'était entre 3000 et 4000 francs par établissement pour ces mois d'essai (...) mais tout dépendra des produits qui seront nécessaires régulièrement."

"Une revendication générationnelle très forte"

Enfin, si la précarité menstruelle n'est sans doute pas nouvelle, les revendications sont très clairement allées crescendo au cours des dernières années.

L'élue vaudoise n'hésite pas à y voir une "revendication générationnelle", qu'elle juge d'ailleurs être "très forte".

"Il y a une conscientisation qui se fait désormais, c'est toujours le cas dans les progrès sociaux. Et là, c'est vrai que ça vient de la base. Cela fait déjà plusieurs années que des pétitions nous parviennent sur cette demande et le fait d'avoir une validation politique est très important et va nous permettre de rapidement mettre en place le dispositif."

Propos recueillis par Nathalie Duccomun

Adaptation web: Tristan Hertig

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