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Le Grand Conseil vaudois veut des protections hygiéniques gratuites dans les écoles

La composition des tampons hygiéniques est opaque.
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Vers une gratuité des protections hygiéniques dans le canton de Vaud / La Matinale / 1 min. / le 10 mars 2021
Les députés et les députées vaudois se sont montrés favorables à la distribution de protections hygiéniques relatives aux règles en libre accès dans les écoles et l'administration. Ils ont accepté de renvoyer au gouvernement un postulat socialiste qui va mener une réflexion à ce sujet.

Le texte de la députée Muriel Thalmann (PS) demande au Conseil d'Etat d'envisager le libre accès et la gratuité dans les écoles du canton. Il souhaite aussi la mise à disposition systématique de protections hygiéniques gratuites et en libre accès dans toutes les toilettes des bâtiments de l'Etat fréquentés par des populations dites vulnérables (hôpitaux, centres d’accueil et de prise en charge de personnes migrantes et/ou précaires, prisons, etc).

Enfin, le postulat demande la mise à disposition systématique de protections hygiéniques en libre accès sous la forme de distributeurs, au prix coûtant, dans les toilettes des bâtiments cantonaux et des établissements publics.

Commission divisée

Avant que le texte ne soit renvoyé au Conseil d'Etat, à quelques voix près, le débat gauche-droite a été assez long et nourri, occupant une bonne partie de la matinée. La commission qui s'est penchée sur le postulat était elle-même divisée.

Pour la majorité de celle-ci, ne pas avoir accès à des protections hygiéniques au bon moment ou en quantité suffisante peut avoir des conséquences dramatiques pour les personnes concernées: "atteinte à la dignité, atteinte à la santé, voire même exclusion sociale, certaines personnes renonçant à aller à l'école ou au travail".

Cette problématique est donc à la source d'inégalités économiques, sociales et sanitaires, aussi dans le canton de Vaud, qu'il convient donc de traiter, selon elle. "Il s'agit aussi de lever un tabou sur les règles", ont par la suite relevé plusieurs députées, surtout de gauche.

"Précarité menstruelle"

La postulante a aussi rappelé que l'achat de produits menstruels peut représenter une dépense considérable dans un budget serré. Elle cite une enquête en 2020 de la RTS qui estimait qu'une femme dépense, en moyenne, plus de 2300 francs sur toute une vie pour la seule acquisition de produits hygiéniques, voire plus de 4500 francs si l'on tient compte de toutes les dépenses liées à la menstruation. Des députées ont d'ailleurs affirmé qu'il fallait lutter contre la "précarité menstruelle".

Une minorité de la commission s'est, elle, montrée plus sceptique. Pour la PLR Florence Gross, le postulat "va trop loin". Elle a critiqué son côté "fourre-tout" et des "mesures arrosoir". Elle a plaidé pour la responsabilisation, la sensibilisation et l'éducation et non pour une généralisation de la distribution.

Evaluation prévue du Conseil d'Etat

De son côté, la présidente du gouvernement Nuria Gorrite a affirmé que le Conseil d'Etat reconnaissait la "pertinence" de la question et que ce postulat offrait un "bon outil pour l'utilité de mener une réflexion car il s'agit d'une problématique au croisement de l'égalité homme-femme, de la santé publique et de l'éducation".

Le Conseil d'Etat va procéder à une évaluation en lançant des projets pilotes dans des écoles et bâtiments cantonaux. Il a déjà estimé à environ 1000 francs le coût d'un distributeur et entre 800 et 1000 francs sa recharge annuelle. "L'enjeu central n'est donc pas une question de finance publique", a souligné Nuria Gorrite.

ats/ther

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