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Le Grand Conseil vaudois condamne à l'unanimité la suspension des projets CFF

Le Grand Conseil a apporté son soutien mardi aux démarches entreprises par le gouvernement vaudois pour que le Conseil fédéral revienne sur la suspension des projets immobiliers CFF dans le canton.  [JEAN-CHRISTOPHE BOTT - KEYSTONE]
Le Grand Conseil vaudois condamne à l'unanimité la suspension des projets CFF / Le Journal horaire / 24 sec. / le 16 février 2021
Le Grand Conseil a apporté son soutien mardi aux démarches entreprises par le gouvernement vaudois pour que le Conseil fédéral revienne sur la suspension des projets immobiliers CFF dans le canton.

Jugeant leur situation financière "très tendue" en raison du coronavirus, les CFF ont annoncé fin janvier suspendre une trentaine de projets immobiliers dans tout le pays, pour réduire leurs investissements de 700 millions entre 2021 et 2025. Parmi eux, deux projets vaudois à Malley-Gare à Prilly et Quai Ouest à Renens.

>> Relire: Conséquence du Covid, les CFF suspendent une trentaine de projets immobiliers

La décision a fâché dans le canton. Après les protestations du Conseil d'Etat et des communes de l'Ouest lausannois, le Parlement a dit tout le mal qu'il pensait mardi de cette décision en approuvant la résolution du PLR Marc-Olivier Buffat. Son texte souhaite que le Conseil d'Etat intervienne auprès des CFF et du Conseil fédéral (lire encadré) afin d'inviter les CFF à renoncer à cette suspension.

Ces projets sont en cours de réalisation. Pour certains, les permis de construire ont déjà été octroyés. "Nous ne pouvons pas dire pouce. Nous ne pouvons pas attendre trois, quatre, cinq ans que les CFF trouvent des solutions de financement". Et c'est sans compter les nombreux investissements consentis par les communes concernées, par le canton et d'autres acteurs.

>> Revoir les explications dans le 19h30:

Les CFF surendettés suspendent des projets immobiliers [RTS]
Les CFF surendettés suspendent des projets immobiliers / 19h30 / 2 min. / le 26 janvier 2021

Les propos du député ont été largement soutenus par plusieurs députés de la région de l'Ouest lausannois. Ils ont déploré une annonce irrespectueuse et faisant l'effet d'"un coup de tonnerre", pour des projets d'une grande importance pour la région.

"Très mauvais signal"

La présidente du gouvernement Nuria Gorrite s'est réjouie que le Parlement épaule le Conseil d'Etat dans ses démarches. Ce dernier a déploré ce "très mauvais signal", tant envers les acteurs engagés que du point de vue climatique ou de la relance, a-t-elle dit en substance.

La cheffe du département des infrastructures a rappelé que cette décision était le fait du Conseil fédéral et non des CFF. Celui-ci a considéré que, dès 2021, l'endettement des CFF devait revenir au taux actuel, soit ne pas dépasser 6,9 fois leur cash-flow annuel. Et ce malgré la crise sanitaire, a-t-elle souligné.

Une situation qui a contraint les CFF à présenter un plan de désendettement. Le moins défavorable, préservant le personnel, le matériel roulant et les capacités d'investissement, concerne deux projets vaudois (Renens-Prilly, Central Malley et Renens Quai Ouest), a poursuivi Nuria Gorrite.

ats/vajo

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Le gouvernement attend des réponses de Berne

Le Conseil d'Etat vaudois a officiellement écrit au Conseil fédéral pour lui demander de "surseoir à l'application stricte de cette règle absurde en temps de pandémie". Mais aussi que les CFF puissent emprunter sur les marchés immobiliers traditionnels, ce dont ils sont empêchés par une autre règle fédérale.

"Nous attendons une réponse. Nous avons aussi demandé à être reçus par la cheffe du Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication", a expliqué la présidente du gouvernement Nuria Gorrite.

Par ailleurs, les parlementaires vaudois devraient intervenir par le biais de motions, simultanément dans les deux Chambres fédérales pour lever partiellement ces règles immobilières.

"Il y a un alignement communes, cantons, CFF. Il faut dégager des majorités au Conseil des Etats et au Conseil national pour que le Conseil fédéral sursoie à ces règles", a-t-elle conclu.