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Un rapport critique les conditions de détention dans le canton de Vaud

Un rapport parlementaire critique les conditions de détention dans les prisons vaudoises. [Christian Brun - KEYSTONE]
Un rapport critique les conditions de détention dans le canton de Vaud / La Matinale / 57 sec. / le 15 janvier 2021
Surpopulation carcérale, places de travail insuffisantes et accès aux soins psychiatriques non équivalents pour les femmes et les hommes détenus dans les prisons vaudoises: telles sont les critiques émises par un rapport.

Ces critiques émanent du rapport annuel de la Commission des visiteurs du Grand Conseil (CVGC), publié jeudi. Ce rapport 2019-2020, qualifié de "fouillé et sans concession" par la commission elle-même, sera prochainement soumis à l'examen des parlementaires. Créée en 2012, la CVGC, composée de sept membres, est chargée de vérifier les conditions de détention des prisonniers dans tous les pénitenciers du canton et de s'assurer qu'elles soient conformes aux lois suisses et aux engagements internationaux.

De juillet 2019 à juin 2020, la commission a visité neuf établissements et s'est entretenue avec une centaine de personnes détenues, indique-t-elle dans un communiqué.

"Surpopulation importante et problématique"

La CVGC constate que la surpopulation carcérale reste "importante et problématique". Les constructions prévues aux Grands Marais à Orbe ainsi que les rénovations des prisons du Bois-Mermet à Lausanne et de la Tuilière à Lonay sont, dans ce contexte, très attendues. Elles "permettront à moyen terme une amélioration des conditions de détention". La commission invite toutefois le Conseil d'Etat à "démontrer que le nombre de places sera suffisant à long terme".

Elle relève par contre sa "satisfaction" concernant la mise en place progressive d'alternatives à la détention, telle que la surveillance électronique et le travail d'intérêt général. Ces mesures devraient, "à terme, contribuer à résoudre la persistante et inquiétante problématique de la surpopulation carcérale", note le rapport.

Manque de places de travail

Autre préoccupation: la nécessité de prendre toutes les mesures visant à mettre à disposition suffisamment de places de travail pour que l'obligation au travail des personnes condamnées soit respectée. La CVGC constate que certains établissements de détention avant jugement, qui accueillent des personnes condamnées dans des secteurs non dédiés - conséquence de la surpopulation carcérale - rencontrent "des difficultés à offrir des places de travail suffisantes, faute de locaux et de ressources en personnel".

La commission salue en revanche l'engagement d'un personnel formé pour travailler sur les projets de formation et de réinsertion des personnes détenues.

Effets collatéraux du coronavirus

Le rapport de la commission formule une autre recommandation: la prise en charge particulière des femmes détenues dans des lieux adaptés. La CVGC reste très attentive au suivi des traitements psychiatriques, tant pour les hommes que pour les femmes. "Un concept général serait le bienvenu", à ses yeux.

"L'accès aux soins y compris psychiatriques est crucial en cette période de pandémie, dont un des effets collatéraux est le durcissement des conditions de détention pour l'ensemble de la population incarcérée", souligne encore le rapport.

ats/jpr

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