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Environ 800 personnes à Lausanne contre les violences policières

Environ 800 personnes à Lausanne contre les violences policières. [Jean-Christophe Bott - Keystone]
Environ 800 personnes à Lausanne contre les violences policières / Le Journal horaire / 15 sec. / le 31 octobre 2020
Environ 800 personnes se sont rassemblées samedi à Lausanne pour dénoncer les violences policières. Réunies sur la place de l'Europe, elles ont répondu à l'appel du Collectif lausannois Kiboko qui défend quatre revendications auprès des autorités lausannoises et vaudoises afin d'obtenir des mesures de prévention contre le profilage racial et les abus policiers.

"Mettre fin à la violence policière", "La police tue", "Stop racisme", "Nos vies noires comptent" ou encore "No justice, no peace", pouvait-on lire sur les pancartes brandies par les participants, tous masqués, réunis dès 16h00. Après une heure de discours en français et anglais, la foule s'est ensuite déplacée pour un long cortège jusqu'à la gare et puis retour sur la place Saint-François, sous les cris de "Black Lives Matter".

"Justice for Mike"

Les manifestants ont défilé près de l'endroit où le Nigérian Mike Ben Peter est décédé en mars 2018 à la suite de la pratique du plaquage ventral par la police locale. Une grande banderole "Justice for Mike, justice for All" avait été placée à l'avant du cortège.

La manifestation a été organisée par le Collectif Kiboko, créé cet été et "composé de personnes concernées par le racisme anti-noir et la précarité ainsi que de personnes solidaires", en collaboration avec d'autres collectifs et solidaritéS Vaud. Elle était soutenue par une trentaine d'associations, de collectifs et de partis.

Autorisée, elle a été sous surveillance et escorte de la police tout du long. Elle s'est déroulée de manière pacifique durant deux bonnes heures.

Suspension des policiers exigée

La manifestation faisait donc largement écho au décès de Mike Ben Peter. Le collectif Kiboko dénonce le fait que "le procès pour homicide par négligence des six agents impliqués n'a toujours pas eu lieu et que le gouvernement vaudois n'a pas changé les politiques sur les pratiques de la police". Il rappelle aussi qu'en 2017, le jeune Gambien Lamin Fatty est mort dans sa cellule à la suite d'une arrestation, "dans l'indifférence du dispositif policier".

Kiboko a surtout développé quatre revendications pour les autorités lausannoises et vaudoises, scandées de nombreuses fois samedi dans la rue. Le collectif exige la suspension immédiate des six policiers impliqués dans l'arrestation et la mort de "Mike".

Il demande la mise en place d'une instance de dépôt de plaintes contre les abus policiers et de surveillance des pratiques policières à Lausanne, l'interdiction immédiate de la pratique dangereuse (considérée létale dans certains pays) du "plaquage ventral" et de toute autre pratique dangereuse ou humiliante à Lausanne. Il exige aussi la distribution systématique de reçus lors de chaque contrôle par la police de Lausanne.

ats/jfe

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