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Le MPC reprend l'enquête sur l'homicide de samedi soir à Morges

Le MPC s'est saisi de l'enquête de l'homicide survenu samedi soir dans un kebab de Morges. La piste terroriste n'est pas écartée [RTS]
Le MPC s'est saisi de l'enquête de l'homicide survenu samedi soir dans un kebab de Morges. La piste terroriste n'est pas écartée / 19h30 / 2 min. / le 14 septembre 2020
Le Ministère public de la Confédération (MPC) reprend l'enquête sur l'homicide samedi soir à Morges, où un homme a été poignardé en plein centre-ville. Il estime qu'un "éventuel motif terroriste ne peut être exclu pour le moment".

L'attaque a eu lieu samedi soir vers 21h20 dans un kebab situé près de la gare de Morges. La victime est décédée sur place. Il s'agit d'un ressortissant portugais de 29 ans qui, selon plusieurs témoins, y mangeait avec sa compagne lorsque l'assaillant leur a foncé dessus avec un couteau. Selon la police, il n'y aurait pas eu de bagarre.

Le suspect a été interpellé dimanche à Renens (VD) par la police vaudoise après une nuit de cavale. Or, si les motifs de l'attaque sont encore inconnus, l'individu se trouvait déjà "impliqué en qualité de prévenu dans une procédure pénale" du MPC, a communiqué l'organisme.

Le Parquet fédéral ajoute que la personne est aussi connue du Service de renseignement de la Confédération (SRC) depuis 2017, sans toutefois préciser pour quels motifs il faisait l'objet d'une surveillance. "Le contexte de cet homicide est en train d'être éclairci", explique le MPC dans son communiqué, précisant qu'"aucune autre information ne sera communiquée pour l’heure".

"Accointances avec des sympathisants djihadistes"

Selon une source de la RTS proche du dossier, le suspect serait sorti de prison en juillet dernier, suite à une détention préventive. Il aurait été impliqué dans l'incendie d'une station essence.

Toujours selon cette source, il présenterait un "profil psychologique instable, potentiellement violent", et pourrait avoir "des accointances avec des sympathisants de la cause djihadiste".

Pour l'heure, rien n'indique cependant que son passage à l'acte de samedi soir soit lié à de tels motifs. Il pourrait s'agir également d'un simple règlement de compte.

Profil typique

Mais s'il s'avère que ses motivations sont bel et bien liées à la mouvance terroriste, alors le profil présumé de cet homme ne serait pas étonnant, explique le responsable de l'analyse du terrorisme au Centre de politique de sécurité de Genève, Jean-Paul Rouiller, dans Forum.

Selon le spécialiste, une instabilité psychologique et le fait d'avoir passé du temps en prison seraient des facteurs comparables à ce qu'on a pu voir ailleurs en Europe, notamment en France, avec "des gens qui se réclament d'organisations terroristes, mais passent à l'acte pour des motifs très éloignés".

Impossible à prévoir

Le suspect était connu des services de renseignement. Cela signifie-t-il que le drame aurait pu être évité ? Pas vraiment, selon Jean-Paul Rouiller, car les passages à l'acte sont extrêmement difficile à prévoir, et il est impossible de surveiller chaque profil potentiellement suspect.

"Ces choses peuvent arriver parce qu'on ne vit pas dans un Etat policier", souligne-t-il. Il note par exemple que la France, malgré "toute une série d'effets de manche et des mesures très coercitives", n'a pas pu empêcher plusieurs drames de se produire.

Enfin, il rappelle que, si ce qui s'est produit à Morges relève bel et bien du terrorisme, il s'agit de stratégies qui sont minutieusement réfléchies depuis plus de 10 ans par des spécialistes opérationnels d'Al-Qaida, puis de Daech, et qui sont pensées précisément pour "minimiser notre capacité à réagir".

jop avec ats

>> L'interview de Jean-Paul Rouiller dans Forum:

Le MPC reprend l'enquête sur l'homicide de samedi soir à Morges: interview de Jean-Paul Rouiller [RTS]
Le MPC reprend l'enquête sur l'homicide de samedi soir à Morges: interview de Jean-Paul Rouiller / Forum (vidéo) / 5 min. / le 14 septembre 2020
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