Modifié le 09 octobre 2019 à 09:15

Les deux municipaux de Vevey Libre vont récupérer leur siège à l’exécutif

Le tribunal cantonal vaudois ordonne la réintégration de deux municipaux veveysans qui avaient été suspendus.
Le tribunal cantonal vaudois ordonne la réintégration de deux municipaux veveysans qui avaient été suspendus. 19h30 / 1 min. / le 08 octobre 2019
Michel Agnant et Jérôme Christen ont gagné une bataille: ils réintègrent la Municipalité de Vevey avec effet immédiat. La Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal vaudois admet leur recours, dans une décision datée du 7 octobre, et dont notre rédaction s’est procuré une copie.

Michel Agnant et Jérôme Christen, poursuivis pour violation du secret de fonction, ont perdu leur place à la Municipalité en décembre 2018: le Conseil d’Etat, sur requête de la Municipalité de Vevey, avait prononcé leur suspension.

Cette suspension des deux élus de l’exécutif veveysan, valable jusqu'à droit connu ou jusqu'au 30 juin 2019 au plus tard, a été prolongée de 6 mois par décision du Conseil d’Etat le 26 juin dernier. C’est contre cette prolongation de leur suspension que les deux municipaux de Vevey Libre ont recouru et gagné devant le Tribunal cantonal.

Selon la Cour, à la lumière des résultats de l'enquête pénale, il n'est plus nécessaire de prolonger la suspension. La décision du Conseil d’Etat de la prolonger dérogeait au principe de la proportionnalité.

Le Conseil d'Etat prend acte

Dans un bref communiqué publié mardi, le gouvernement vaudois informe qu'il prend acte de la décision de la Cour de droit administratif et public concernant les recours déposés par les deux élus de Vevey Libre. Il n'envisage pas d'aller au Tribunal fédéral, précisant qu'il "n'a d’ailleurs selon toute vraisemblance pas qualité pour recourir".

En conséquence, il a mis un terme aux mandats des suppléants Michel Renaud et Jacques Ansermet. Ceux-ci avaient été désignés comme suppléants pour remplacer Michel Agnant et Jérôme Christen mais également le socialiste Lionel Girardin durant leur absence.

Satisfaction des plaignants

Pour Pierre Chiffelle, l'avocat de Michel Agnant, cette suspension était complètement hors norme. Depuis le début, les élus ont eu le sentiment d'une chasse aux sorcières car ils n'avaient pas lâché la pression sur l'affaire Girardin, précise-t-il.

Réagissant dans l'émission Forum, Jérôme Christen a manifesté de son côté "son soulagement". "Ça fait trop longtemps que l’on ne pouvait pas agir sur le plan politique. On va pouvoir se remettre au travail et c’était notre vœu le plus cher".

L'élu de Vevey Libre espère que la Municipalité puisse repartir sur de nouvelles bases: "On pense que chacun a fait un bout de chemin, qu’on a eu le temps de réfléchir, de voir comment on a les moyens de pouvoir à nouveau travailler ensemble. Il faut savoir qu’on n’était pas non plus en guerre permanente sur tous les dossiers. Il y avait juste un dossier particulier, celui de l’affaire Girardin, et celui aussi du logement."

>> Le sujet de Forum:

Michel Agnant et Jérôme Christen pourraient être suspendus de leur fonction à l'exécutif de Vevey.
Laurent Gilliéron - Keystone
Forum - Publié le 08 octobre 2019

Mais toutes ces affaires ont pesé sur la confiance, dans un exécutif déjà réduit à quatre, depuis le départ de Lionel Girardin, sous le coup d'une enquête pénale. Jérome Christen et Michel Agnant sont d'ailleurs, eux aussi, sous enquête, accusés d'avoir transmis des documents confidentiels à des tiers. Pour eux, le verdict de la justice tombera le 12 novembre.

 nr avec Claude-Olivier Volluz, Patrick Le Fort et l'ats

Publié le 08 octobre 2019 à 13:32 - Modifié le 09 octobre 2019 à 09:15

Longue crise à Vevey

L'exécutif de Vevey est en crise depuis mai 2018, suite à l'enquête ouverte contre le municipal socialiste Lionel Giradin pour gestion déloyale. Sur ses cinq membres initialement élus, seuls deux étaient encore en fonction avant la décision de justice du jour, la syndique Elina Leimgruber (Verts) et le municipal Etienne Rivier (PLR). Deux suppléants, Michel Renaud, puis Jacques Ansermet, avaient été nommés suite à la suspension de Michel Agnant et Jérôme Christen.