Modifié le 08 octobre 2019 à 08:14

La ville de Lausanne part en guerre contre les perturbateurs endocriniens

La chasse aux perturbateurs endocriniens est ouverte
La chasse aux perturbateurs endocriniens est ouverte L'actu en vidéo / 2 min. / le 07 octobre 2019
La ville de Lausanne veut limiter la présence des perturbateurs endocriniens dans ses crèches et garderies. Les autorités vont investir 45'000 francs pour lutter contre ces substances indésirables, notamment à l'aide d'un guide et d'affiches.

Ces agents chimiques qui agissent sur l'équilibre hormonal peuvent se trouver dans les jouets, les meubles, les cosmétiques ou encore les produits de nettoyage.

Lausanne est la première ville à fournir certains outils pratiques destinés aux professionnels de la petite enfance, un âge particulièrement sensible aux perturbateurs endocriniens.

Pour limiter les risques de dysfonctionnements hormonaux, les collaborateurs des crèches recevront un guide pour acquérir certains réflexes. "Ce n'est pas que de la sensibilisation. Il y a des mesures en place, des ateliers, des affiches. On attire aussi les parents dans le programme. Il y a vraiment une action", explique Julie Wuerfel, cheffe de projet de développement durable, au micro de la RTS.

>> Le sujet de La Matinale:

Les employés des crèches jurassiennes veulent une véritable reconnaissance de leur profession.
Gaël Klein - RTS
Le Journal horaire - Publié le 08 octobre 2019

La pointe de l'iceberg

Les conseils pour limiter l'exposition aux perturbateurs endocriniens vont de l'aération régulière de la salle de repos aux plastiques à éviter dans les fours à micro-ondes, en passant par certains désinfectants à éliminer. Ces gestes seront recommandés, mais pas imposés.

"Pour le moment, ce qu'on connaît, c'est la pointe de l'iceberg. Il n'y a pas de risques très clairs, on n'arrive pas à faire un lien de cause à effet. Mais plusieurs endocrinologues ou épidémiologistes pensent que la baisse de la fertilité chez l'homme, l'augmentation de la puberté précoce et même l'obésité sont liées à ces perturbateurs endocriniens", souligne l'écotoxicologue Nathalie Chèvre.

Dans les textiles

"Ces substances, on les trouve partout. Beaucoup sont des plastifiants, comme le bisphénol A, il y a aussi les phtalates dans les plastiques mous. On en voit également dans les retardateurs de flammes, tout ce qu'on trouve dans les textiles, les tapis. Comme les enfants vivent à même le sol, ils en inhalent beaucoup", signale la chercheuse.

Selon Nathalie Chèvre, on ne peut pas éliminer complètement les perturbateurs endocriniens, mais limiter leur exposition. "Les substances chimiques font partie de notre quotidien", rappelle-t-elle.

>> L'interview de Nathalie Chèvre:

Nathalie Chèvre, écotoxicologue.
RTS
La Matinale - Publié le 08 octobre 2019

Dominique Choffat/gma

Publié le 08 octobre 2019 à 08:05 - Modifié le 08 octobre 2019 à 08:14