Modifié le 19 septembre 2019 à 21:34

Le canton de Vaud lance un projet pilote de justice restaurative

Le Débat - Victimes et coupables: un face-à-face utile?
Le Débat - Victimes et coupables: un face-à-face utile? Forum / 16 min. / le 19 septembre 2019
Le Département vaudois des institutions et de la sécurité a annoncé jeudi le lancement à Palézieux d'un projet pilote de justice restaurative, qui consiste à mettre en relation des auteurs d’infractions et des victimes.

Le projet pilote se déploiera à partir d'octobre à la prison des Léchaires, à Palézieux, et impliquera de jeunes détenus de 18 à 22 ans, a fait savoir jeudi le Département vaudois des institutions et de la sécurité.

Nouvelle en Suisse romande, cette démarche se pratique depuis deux ans dans l’établissement pénitentiaire de Lenzburg (AG) sous la responsabilité du "Forum Suisse de Justice Restaurative".

Le principe: organiser des groupes de parole, sur une base volontaire, entre des auteurs d’infractions et des victimes de faits similaires, mais qui n'ont pas de lien direct.

"Réparation du lien social"

Le projet vise à favoriser la réinsertion et combattre le risque de récidive. "C'est une nouvelle philosophie de la justice qui est complémentaire à la justice traditionnelle que nous connaissons", a expliqué dans le 12h45 la conseillère d'Etat Béatrice Métraux.

"Nous mettons ensemble les victimes et les auteurs pour que ces personnes se parlent et qu'il y ait une réparation du lien social et une prise en charge de la personne", a précisé Béatrice Métraux.

>> Les explications de Béatrice Métraux dans le 12h45:

Le canton de Vaud lance un projet pilote de justice restaurative. Les explications de Béatrice Métraux, conseillère d'Etat.
12h45 - Publié le 19 septembre 2019

"Des manques à combler"

L'idée est de confronter les détenus aux conséquences de leurs actes, mais la justice restaurative est aussi pensée pour les victimes. "Souvent, la victime a une sorte de 'frustration' liée au fait qu'un jugement se passe vite (...) mais qu'(...)après on est très vite oublié", a développé la cheffe du Service pénitentiaire vaudois Sylvie Bula dans le 12h30.

Pour de nombreuses victimes, "le fait de pouvoir parler de son expérience, témoigner des difficultés qu'on a rencontrées (...) et dire ce qu'on a ressenti lors d'une agression (...) sont des manques (...) qu'elles peuvent combler en s'adressant directement à des auteurs d'agression", a ajouté Sylvie Bula.

"On ne peut pas réparer l'irréparable, par contre on peut donner aux uns et aux autres un espace pour s'exprimer", a résumé la cheffe du Service pénitentiaire vaudois.

Sylvie Bula, cheffe du Service pénitentiaire vaudois.
Julie Masson - DR
Le 12h30 - Publié le 19 septembre 2019

Un premier bilan sera tiré au premier trimestre 2020.

ptur

Publié le 19 septembre 2019 à 15:38 - Modifié le 19 septembre 2019 à 21:34