Modifié le 13 septembre 2019 à 19:46

Services d'urgence inquiets du projet 30 km/h la nuit à Lausanne

Les policiers et ambulanciers vaudois opposés aux zones 30km-h: interview de Christophe Studer
Les policiers et ambulanciers vaudois opposés aux zones 30km/h: interview de Christophe Studer Forum / 3 min. / le 13 septembre 2019
Les services d'urgence lausannois s'inquiètent du projet d'abaissement de la vitesse à 30km/h la nuit sur certaines routes. Allonger les délais d'intervention peut avoir des conséquences dramatiques, préviennent-ils.

"La mise en œuvre de ce projet en l’état diminuera inévitablement la qualité de la prise en charge des situations d’urgence à Lausanne, et ailleurs si la mesure tendait à se généraliser", écrivent vendredi l’Association cantonale vaudoise des ambulanciers, l’Association des sapeurs-pompiers professionnels de Lausanne et l’Association des fonctionnaires de police de Lausanne (AFPL).

Et de rappeler que lors d'urgences vitales chaque minute, voire moins, compte. Une personne en arrêt cardio-respiratoire sur laquelle aucune manoeuvre de réanimation n’est entreprise voit ainsi ses chances de survie diminuer de 10% à chaque minute qui passe.

Des sanctions possibles

Si les conducteurs dépassent largement la vitesse autorisée, ils s'exposent cependant à des sanctions, déplorent les associations. Et d'affirmer qu'un conducteur qui circulerait à 70km/h sur un tronçon limité à 30km/h risque une peine privative de liberté et un retrait du permis de conduire pendant au moins deux ans.

En avril dernier, les associations ont pris contact avec la Municipalité pour lui faire part de leur inquiétude. Et de réclamer l'installation de plaques qui préciseraient que la police, les services du feu et les ambulances ne sont pas concernés par la limitation nocturne. Aucune solution n'aurait été trouvée pour l'heure. Dans ce contexte, les services d'urgence indiquent qu'ils s'opposeront au projet.

Lors de la présentation de ce projet à la presse le mois dernier, la Ville a cependant indiqué que ces services pourront adapter leur vitesse aux circonstances. Elle tient toutefois à ce que la règle du 30km/h soit appliquée s'il n'y a pas d'urgence.

Essais positifs

Pour rappel, après des essais de réduction de la vitesse à 30 km/h de 22h00 à 06h00 sur deux avenues lausannoises, le canton de Vaud a décidé d'approuver la mise en oeuvre générale d'une telle mesure. Elle permet de diminuer le bruit et lutter contre la pollution atmosphérique.

Lausanne ne veut pas tarder, elle demande près de 4,5 millions de francs pour sa vision d'ensemble sur l'assainissement du bruit routier. Son dispositif devrait pouvoir démarrer au premier semestre 2020 s'il n'y a pas d'opposition.

ats/ther

Publié le 13 septembre 2019 à 18:38 - Modifié le 13 septembre 2019 à 19:46

Une problématique nationale

Liée aux règles de Via Sicura, la problématique des secours et des limitations de vitesse se pose dans toute la Suisse.

Le président de l'Union syndicale des polices romandes, David Jaquet, avait demandé en mars dernier une dérogation pour les "feux bleus" (policiers, pompiers, ambulanciers et médecins urgentistes) dans le cadre de la loi Via sicura.

"Garantir l’ordre public, porter secours et être condamné pour excès de vitesse est inacceptable. Il faut une certaine tolérance selon l’urgence ou l’importance de la mission", avait-il indiqué.

Une initiative parlementaire du conseiller national PLR Christian Lüscher va dans le même sens.