Publié mercredi à 14:52

Comment se débarrasser d'images publiées sur internet par un voyeur?

Des centaines de femmes filmées à leur insu, puis publiées en ligne, aux Bains d'Yverdon.
Des vidéos publiées sur la toile par un voyeur à votre insu: comment les faire retirer? On en parle / 9 min. / mercredi à 08:51
Des centaines de vidéos de femmes filmées à leur insu au centre thermal d’Yverdon-les-Bains se sont retrouvées sur des sites internet à caractère pornographique. Le voyeur a été interpellé, mais comment faire dépublier ces contenus?

L'affaire a été révélée mardi par 24heures après l'interpellation du voyeur qui a sévi pendant plusieurs mois à Yverdon (VD). Les vidéos, filmées par exemple sous l'eau ou dans des couloirs, avaient été signalées l'an passé au centre thermal.

La direction a mis en place un dispositif accru de surveillance et entamé une collaboration avec la police, ce qui a conduit à l'interpellation de l'auteur au sein des thermes d'Yverdon le 29 novembre 2018.

Cette personne aurait publié, pendant plusieurs mois, plus de 500 vidéos, dont certaines aussi tournées dans des vestiaires. Plusieurs dizaines de femmes ont été piégées. Le profil de ce voyeur a été supprimé de la plateforme sur laquelle ont été publiées ces images. Mais certaines vidéos existent encore et il est compliqué de les faire supprimer, puisqu'elles sont hébergées sur des sites étrangers.

Découvrir l'atteinte

Juliette Ancelle, avocate associée au bureau ID Est à Lausanne et spécialiste de la propriété intellectuelle et de l'Internet, indique dans l'émission On en parle qu'il est possible de porter plainte au niveau pénal ou civil. Mais il est difficile de savoir si on apparaît effectivement sur ces images, d'autant que les sites qui les proposent ne sont pas accessibles en quelques clics via une recherche Google: "le moyen le plus efficace serait de visionner ces vidéos, surtout si on sait qu'on a fréquenté les bains d'Yverdon pendant la période concernée. Mais personne n'a envie de s'imposer ça", explique l'avocate.

Si on constate que l'on apparaît sur ces images volées, "le premier réflexe est de faire une capture d'écran ou une photo pour avoir une preuve de l'atteinte. Puis il faut contacter l'hébergeur du site où se trouve la vidéo ou l'image. La plupart de ces hébergeurs ont des conditions générales disant qu'ils peuvent supprimer du contenu illicite. Et beaucoup de sites de grande visibilité collaborent assez facilement, encore plus quand il y a une plainte pénale", détaille Juliette Ancelle.

Sites difficiles à atteindre

Le problème c'est que ces sites pornographiques sont  souvent "hébergés dans des juridictions très difficiles à atteindre, comme les Iles Caïmans". La demande de suppression de contenu risque alors de rester lettre morte. Et la police elle-même se trouve démunie. Car si elle a des moyens d'action en Suisse, elle ne pourra pas forcément agir si l'hébergeur se situe à l'étranger.

Sujet radio: Jérôme Zimmermann et Philippe Girard

Adaptation web: Caryl Bussy

Publié mercredi à 14:52