Publié dimanche à 21:52

La mixité est pour bientôt dans les Milices vaudoises

Les Milices vaudoises accueillent désormais des femmes dans leurs rangs
Les Milices vaudoises accueillent désormais des femmes dans leurs rangs 19h30 / 2 min. / dimanche à 19:30
Les Milices vaudoises sont prêtes à accueillir des femmes dans leurs rangs, une révolution qui ne vient pas de nulle part: comme d’autres troupes folkloriques patriotiques, elles ont de la peine à recruter de nouveaux membres.

Il devient particulièrement ardu de renouveler le corps des chasseurs à cheval, confirme le colonel Cédric Barde, inspecteur général des Milices vaudoises, dimanche dans le 19h30.

"Le vivier de cavaliers tend à disparaître pour des troupes historiques folkloriques, et on voit que dans le monde équestre aujourd'hui, 80% sont des femmes. Donc pour pérenniser la troupe, il nous fallait ouvrir aux femmes le corps des chasseurs à cheval."

Les conditions assouplies

En assemblée générale, le 28 mars dernier, les Milices vaudoises ont donc assoupli les conditions d’entrée. C’est le résultat de discussions menées "depuis plusieurs années", confie Cédric Barde.

Ce samedi à Chavornay, les Milices vaudoises étaient réunies pour la prise d’armes, leur premier événement public depuis la dernière assemblée générale. Pour l’instant, aucune femme n’a rejoint les effectifs, mais le commandant escompte l’inscription de quelques nouvelles membres cette année encore.

Présentes à Fribourg, pas souhaitées à Berne

A l’occasion de la prise d’armes, des détachements issus de sociétés folkloriques militaires de plusieurs cantons ont défilé dans le village de Chavornay. Certaines ont franchi le pas de la mixité, à l’image du "Cadre noir et blanc" de Fribourg. Depuis cinq ans, les femmes peuvent intégrer les troupes montées et elles y sont devenues quasi majoritaires.

Chez les Dragons bernois, en revanche, il n’en est pas question. Leur commandant exclut d’intégrer des femmes. "On aime les femmes, mais on ne les veut pas. On ne peut pas les intégrer dans notre corps", soutient le major Ernest Vögeli. Selon l'officier d'Interlaken, le prestige atteint grâce à un haut niveau d’exigence permet de recruter plus facilement de nouveaux membres parmi les cavaliers de la région.

Les étrangers aussi admis

Les sociétés patriotiques d’inspiration militaire sont encore largement des bastions masculins. Mais l’individualisme contemporain et l’évolution de la société compliquent le renouvellement des adhérents. S’ouvrir aux femmes est une condition de survie.

"J'aurais mieux aimé qu'on fasse venir des femmes parce qu'elles sont des femmes, et pas parce qu'elles doivent remplacer des hommes qui manquent", fait malicieusement remarquer une spectatrice d’un certain âge.

Quant aux étrangers, cela fait déjà un certain temps qu’ils sont acceptés, bien que la société prévoie qu’il faille être Vaudois ou Confédéré. Pour autant que les demandeurs étrangers soient résidents suisses et bien intégrés, le commandant leur pourvoit une dérogation.

Patrick Le Fort/boi

Publié dimanche à 21:52

Faire vivre le patrimoine militaire vaudois.

Les Milices vaudoises ont vu le jour en 1985, quelques années après que l’armée suisse a mis fin à sa cavalerie. L’association a pour but de faire vivre le patrimoine militaire vaudois.

Les membres des Milices vaudoises sont assermentés par le Conseil d’Etat. L’organisation constitue la garde d’honneur des autorités cantonales.

Les Milices sont constituées de trois troupes et comptent actuellement quelque 120 hommes et 60 chevaux.