Modifié le 12 avril 2019 à 18:53

Le CHUV porte plainte après une campagne de menaces anonymes

Le CHUV fait face depuis plusieurs mois à des envois anonymes et des menaces.
Le CHUV porte plainte après une campagne de menaces anonymes Forum / 2 min. / le 12 avril 2019
Attaquée par des menaces anonymes, la direction du Centre hospitalier universitaire vaudois annonce vendredi qu'elle porte plainte. Elle dénonce "une campagne orchestrée" et affirme qu'elle ne tolérera pas de tels agissements.

Dans un communiqué, le CHUV explique recevoir "depuis plusieurs mois" des envois anonymes et des menaces. Les attaques portent sur de nombreux thèmes, comme les finances, les ressources humaines ou "les ambitions sans limites de la direction".

Le premier message, signé "Collectif SOS hôpital", remonte au 7 décembre. Il était adressé à des députés vaudois. Il a été suivi par trois autres, le dernier étant adressé à la presse et annonçant un suicide au CHUV.

Des méthodes "inacceptables"

Le directeur général adjoint Oliver Peters a été aussi directement ciblé, avec des menaces claires contre sa personne. Pour l'établissement, il s'agit "d'une campagne orchestrée" utilisant des méthodes "inacceptables" contre lesquelles il est nécessaire de réagir "vigoureusement".

"On doit bien se défendre, on ne peut pas accepter qu’il y ait des affirmations qui soient publiques, incomplètes ou même fausses. A un moment donné, on doit dire à la population: non, ces choses ne se passent pas comme ça", relève le directeur général Pierre-François Leyvraz.

Un corbeau "qui a des relais politiques"

"Il n’y a pas un brin d’émotion dans ces quatre textes. Ces textes sont construits par quelqu’un qui sait écrire, qui a des relais politiques, des relais à l’interne du CHUV et on voit un déroulement dans cette campagne. Ce ne sont pas des actions spontanées", affirme pour sa part le directeur général adjoint Oliver Peters.

La direction a en conséquence déposé plainte auprès du Ministère public pour tentative de violence ou de menace contre les autorités et les fonctionnaires, subsidiairement de contrainte. Elle souligne être ouverte à la critique et "au débat rationnel", mais défendra l'intégrité de ses collaborateurs et de l'hôpital.

ats/oang

Publié le 12 avril 2019 à 15:49 - Modifié le 12 avril 2019 à 18:53

Contexte politique difficile

Un vif débat se déroule actuellement sur la gouvernance du CHUV. On trouve d'un côté ceux qui ne veulent pas changer le système actuel, avec un lien direct entre l'hôpital et le chef du département de la santé. De l'autre côté, certains estiment qu'une nouvelle gouvernance est nécessaire et parlent d'autonomisation du CHUV.

Questionné sur l'origine possible de ces messages anonymes, le directeur-adjoint du centre hospitalier Oliver Peters évoque ce "contexte politique un peu mouvementé" à l'heure actuelle. "Il y a des changements et il y a un débat politique sur la gouvernance du CHUV."

"Dans cette logique, on a déjà vécu des tentatives de démontrer que le CHUV est plus mauvais qu’il n’est vraiment. Pour justifier la nécessité du changement, il y a une certaine tendance à grossir les manquements éventuels de l'hôpital. Je n’aimerais pas faire un lien direct entre l’un et l’autre, mais c’est tout fait possible qu’il y ait ce genre de lien", poursuit Oliver Peters.

Pour le directeur Pierre-François Leyvraz, il y a derrière ces courriers anonymes "un combat certainement lié à ce moment d'instabilité et lié à cette discussion sur la gouvernance du CHUV".