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Une nouvelle campagne vaudoise veut prévenir l'endettement des jeunes

Les autorités vaudoises ont tiré vendredi le bilan à dix ans du programme cantonal de prévention du surendettement et lancé une nouvelle campagne dont un volet est spécifiquement consacré aux jeunes, un public exposé.

La nouvelle campagne de prévention du surendettement, baptisée "Parlons CASH!", a été présentée vendredi en présence de la cheffe du Département vaudois de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC) Cesla Amarelle et de Pierre-Yves Maillard, chef du Département de la santé et de l’action sociale (DSAS).

Si ce nouveau programme de prévention vise tous les publics, une partie de sa communication est pour la première fois spécifiquement conçue pour les plus jeunes.

La campagne s'appuie notamment sur deux clips vidéos taillés pour les réseaux sociaux, mettant en scène une adolescente qui a manifestement du mal à gérer son porte-monnaie.

Classe d'âge vulnérable

L'humour se veut au service d'objectifs bien sérieux. Il s'agit de briser la parole sur la question du surendettement et de faire de la prévention à la source, avant que la maîtrise des finances n'ait été perdue.

Les jeunes de moins de 25 ans ne sont pas plus endettés que les autres catégories d’âge, mais il existe une vulnérabilité financière au tournant de la majorité. Huit personnes sur 10 en Suisse ont d'ailleurs contracté leur première dette avant l'âge de 25 ans.

"Cette tranche d’âge comporte beaucoup de nouvelles responsabilités liées au ménage ou à la vie professionnelle, de nouvelles obligations financières comme les impôts, la LAMal, le logement ou la voiture", a souligné Cesla Amarelle.

>> Ecouter son interview dans Forum:

La conseillère d'Etat vaudoise Cesla Amarelle. [Jean-Christophe Bott - Keystone]Jean-Christophe Bott - Keystone
Nouvelle campagne vaudoise contre le surendettement: interview de Cesla Amarelle / Forum / 5 min. / le 16 novembre 2018

"Il ne s’agit évidemment pas de dire que les jeunes sont des flambeurs", a insisté la responsable du DFJC, mais elle a rappelé que cette période de la vie s'accompagne de nouvelles possibilités de contracter des crédits ou de craquer pour des achats "coups de cœur" qui risquent de leur faire perdre la maîtrise de leur budget. Le tout sur fond de publicité agressive pour les crédits à la consommation.

>> Voir l'interview de Virginie Galdemar, cheffe de l’Unité d’assainissement financier de la Ville de Lausanne, et d'Olivier Cruchon, chef du secteur action sociale chez Caritas Vaud:

Interview de Virginie Galdemar et Olivier Cruchon sur le surendettement [RTS]
Interview de Virginie Galdemar et Olivier Cruchon sur le surendettement / L'actu en vidéo / 1 min. / le 16 novembre 2018

Nombreux à avoir des arriérés de paiement

Pierre-Yves Maillard a de son côté pointé le fait que certains se laissent surprendre par toutes ces nouvelles obligations, citant l'exemple d'un jeune qui commence à travailler et n'a pas conscience qu’il doit immédiatement payer des impôts.

Les chiffres de l'Office fédéral de la statistique confirment ces propos. Ils montrent ainsi que les 18-24 ans ont la plus forte propension à avoir des arriérés de paiement ou des impayés de factures de cartes de crédit.

Leurs principaux points de difficultés se situent au niveau les impôts (près de 15% d'entre eux ont au moins un arriéré de paiement d'impôts) et les primes d'assurance-maladie (près de 12% des 18-24 ans sont en retard de paiement).

Tendance à sous-estimer les taux d'intérêts

Une étude de l'OFS intitulée "Evaluation subjective du rapport à l'argent" montre qu'à l'instar des plus de 65 ans, les 18-24 ans ont plus tendance que les autres à sous-estimer, voire à être incapables d'estimer, le taux d'intérêt des petits crédits à la consommation ou celui appliqué aux factures de cartes de crédit impayées.

Près de 15% d'entre eux, la plus forte proportion, déclaraient acheter une ou plusieurs fois par mois quelque chose d’une valeur certaine "sur un coup de tête", et ils sont aussi les plus nombreux (près de 11%) à déclarer s'offrir parfois quelque chose "même si en principe [ils] ne [pourraient] pas [se] le permettre."

Paradoxalement, ils sont aussi, à 43%, les plus enclins à déclarer essayer d'économiser le plus possible.

Pauline Turuban

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