Modifié le 24 août 2018 à 18:42

"On pourrait très bien avoir un double clergé: l'un marié, l'autre célibataire"

L'invité-e de Romain Clivaz (vidéo) - Monseigneur Jean Marie Lovey, évêque de Sion
L'invité-e de Romain Clivaz (vidéo) - Monseigneur Jean Marie Lovey, évêque de Sion La Matinale / 9 min. / le 24 août 2018
Monseigneur Jean-Marie Lovey, évêque du diocèse de Sion, a esquissé jeudi sur les ondes de La Matinale une solution à la misère sexuelle et affective de certains prêtres: "un double clergé, l'un marié, l'autre célibataire".

L'évêque de Sion réagissait à des révélations sur un scandale de pédophilie au sein de l'Eglise aux Etats-Unis, où une enquête accuse quelque 300 prêtres pédophiles d'avoir fait plus de 1000 victimes en Pennsylvanie, et où un autre Etat, le Missouri, ouvre une enquête similaire.

Le glissement à une société plus libérale a été favorable et a permis une libération de la parole, relève Jean-Marie Lovey. "Des révélations au loin ont permis à des victimes chez nous de se signaler, d'oser prendre la parole."

Nécessité de demander pardon

Pour éviter que cela se passe encore, il l faut partager le fait: "La lettre de pape insiste sur la dimension communautaire", souligne l'évêque, qui estime "très important" que toute la hiérarchie de l'Eglise fasse les démarches de demande de pardon.

>> Lire: Face aux scandales de pédophilie, le pape adresse une lettre aux catholiques

En Suisse, affirme le Valaisan, les évêques ont déjà largement pris conscience du problème, comme en atteste un document édité en 2002, plusieurs fois remanié, qui donne un cadre à l'accompagnement des victimes.

Le célibat imposé aux prêtres n'est-il pas en cause dans ces nombreux cas d'abus? "Qu'il y ait une misère affective et sexuelle, probablement. Mais que cela vienne du célibat, ce n'est pas certain", nuance l'évêque, en insistant sur l'importance de vérifier la "capacité des futurs prêtres à être équilibrés sur ce plan-là."

Double clergé

"La sexualité ne se résume pas à l'exercice physique de la sexualité. Elle se loge jusque dans la dernière des cellules du cerveau de la personne, c'est ces niveaux-là qu'il faut atteindre", affirme-t-il.

On pourrait tout à fait imaginer un double clergé, selon Jean-Marie Lovey: l'un célibataire, l'autre marié. "Cela poserait quelques problèmes administratifs, mais sur le fond, il n'y aurait aucun empêchement à cela."

Propos recueillis par Romain Clivaz/kkub

Publié le 24 août 2018 à 08:56 - Modifié le 24 août 2018 à 18:42