Modifié le 22 mai 2018 à 20:46

Près de 60% des Valaisans diraient non au crédit pour Sion 2026

Des enfants tenant des ballons en faveur de la candidature de Sion 2026 (image d'illustration).
Près de 60% des Valaisans diraient non au crédit pour Sion 2026, selon un sondage Forum / 2 min. / le 22 mai 2018
Le Valais se dirigerait vers un net rejet du financement de Sion 2026. A moins de trois semaines du scrutin, 58% des Valaisans s'opposent au crédit d'engagement pour l'organisation des JO d'hiver, montre un sondage de l'institut Sotomo.

Les Valaisans vont-ils désavouer le projet Sion 2026 lors de la votation du 10 juin prochain? Selon le sondage Sotomo publié mardi pour le compte de la RTS, 58% des citoyens valaisans répondent non ou plutôt non à la question "Acceptez-vous le crédit d'engagement pour le projet Sion 2026?". Ils sont 42% à approuver ce crédit de 100 millions. La proportion des répondants indécis n'est pas représentée dans le graphique ci-dessous. Elle s'élève à 2%.

Le refus est encore plus net dans le Valais francophone. Les Romands s'opposent au crédit de l'Etat du Valais à 61%, alors que les Haut-Valaisans disent non à 52%.

Les femmes, la gauche et l'UDC plus critiques

Les femmes se disent plus réticentes que les hommes. Elles rejettent le crédit pour les JO à 68%, tandis que les hommes le refusent à 51%. Entre les classes d'âge, les différences sont plus faibles, les plus de 55 ans se montrant les moins critiques (54% de non).

Le clivage politique s'avère par contre important. A gauche, les sondés comptent infliger une claque à Sion 2026, avec un rejet à 80%, alors que les sympathisants UDC disent non à 68% et ceux du PDC à 52%. Seuls les partisans du PLR approuvent le crédit, avec 55% de oui et 45% de non.

Des coûts "trop élevés" qui dissuadent

Quant aux arguments des promoteurs du projet, un tiers des partisans jugent celui du "Valais mis en avant sur la scène internationale" comme le plus important dans leur décision le 10 juin. Chez les opposants à Sion 2026, "les coûts trop élevés" du projet sont perçus comme l'argument décisif à 60%.

Sans surprise, les sondés se disent globalement plus convaincus par les arguments du camp du non. L'argument du "risque financier" convainc à 61% et celui de "l'événement commercial" à 57%. Parmi les arguments du camp du oui, seul celui de "l'esprit olympique" convainc plus de la moitié des répondants.

Tamara Muncanovic

Publié le 22 mai 2018 à 17:00 - Modifié le 22 mai 2018 à 20:46

Méthodologie utilisée

Les réponses ont été récoltées entre le 11 et le 18 mai via les sites d'information de la RTS, de SRF et du quotidien Walliser Bote, ainsi que via le bassin de répondants par courriel de Sotomo.

Au total, 2769 votants ont été interrogés et pris en compte dans cette enquête commandée par la RTS. Ce sondage constitue donc une photographie des intentions de vote de personnes concernées à une période donnée. La marge d'erreur s'élève à +/- 2,5%.

Frédéric Favre, conseiller d'Etat valaisan en charge du dossier olympique, veut tirer les enseignements

Interrogé mardi dans Forum, Frédéric Favre, conseiller d'Etat valaisan en charge du dossier olympique, a pris acte de ce résultat, relevant que les pronostics récoltés uniquement sur internet ne sont pas forcément suivis.

Frédéric Favre a toutefois indiqué qu'il "reste encore près de 3 semaines" pour convaincre les Valaisans, précisant qu'il y avait des enseignements à tirer de ce sondage, notamment sur la question des coûts.

"Ni le canton du Valais ni la Ville de Sion n'auront une responsabilité financière", a rappelé le conseiller d'Etat. "Les Jeux olympiques n'ont jamais eu de déficit dans l'organisation mais uniquement dans les constructions prévues par les villes candidates. Notre projet ne construit rien", a encore déclaré Frédéric Favre.