Modifié le 01 décembre 2017 à 20:43

Yannick Buttet: "On veut me faire passer pour celui que je ne suis pas"

Yannick Buttet lors de son interview pour la RTS le 1er décembre.
Yannick Buttet: "On veut me faire passer pour celui que je ne suis pas" Forum / 10 min. / le 01 décembre 2017
"Je ne suis pas un harceleur", se défend le conseiller national PDC Yannick Buttet, visé par une plainte pour harcèlement, dans une interview accordée vendredi à la RTS. Pour l'heure, il ne voit aucune raison de démissionner.

Dans l'émission Forum, Yannick Buttet a réitéré les excuses qu'il avait formulées après la révélation mercredi par Le Temps de l'existence d'une plainte pour harcèlement contre lui et de présumés "gestes déplacés" commis sur des parlementaires.

Le conseiller national valaisan, suspendu de la vice-présidence du PDC Suisse à la suite de ces révélations, reconnaît qu'il lui arrive d'être "un gros lourd" lorsqu'il a "bu un verre", mais réfute catégoriquement la qualification de "harceleur".

On est en train de détruire ma vie

Yannick Buttet

"On veut me faire passer pour celui que je ne suis pas", lance le député. "La limite entre un geste inapproprié ou 'lourd' et du harcèlement est ténue et dépend de chaque personne", avance-t-il. Pour lui, il s'agit d'une question de "ressenti individuel".

Quant à la différence entre un geste "lourd" et un harcèlement, Yannick Buttet estime que c'est aux femmes concernées "de dire les gestes qui les ont dérangées". Elles sont même invitées à venir le voir pour discuter et régler les problèmes.

Yannick Buttet "encourage" les victimes de harcèlement à parler et "félicite" ainsi la conseillère nationale UDC Céline Amaudruz, qui a dénoncé jeudi sur la RTS avoir subi à Berne des gestes déplacés de la part de "plusieurs parlementaires".

>> Lire aussi: Céline Amaudruz: "J'ai subi des gestes inappropriés de parlementaires"

L'élu valaisan regrette néanmoins se trouver face à des "dénonciations anonymes". "C'est sur cette base, sur une procédure qui concerne ma vie privée et qui n'est pas terminée, qu'on est en train de détruire ma vie", accuse-t-il.

Mes valeurs et mes engagements n'ont pas changé

Yannick Buttet

Interrogé sur son avenir politique, Yannick Buttet ne voit pas de raisons de démissionner du Conseil national pour l'instant. A ce titre, "l'issue de la procédure ouverte contre moi sera décisive", se borne-t-il à affirmer.

"Ma priorité aujourd'hui n'est pas la question politique, mais ma famille et toutes les personnes qui m'ont soutenu", poursuit-il. "Mes valeurs et mes engagements n'ont pas changé", ajoute le PDC valaisan, fervent défenseur des valeurs traditionnelles sous la Coupole fédérale.

"On est tous humains, on fait parfois des erreurs, mais ce qui est important c'est d'en tirer les conséquences et de ne pas les renouveler", conclut Yannick Buttet.

>> Ecouter aussi le décryptage de l'intervention de Yannick Buttet dans Forum:

Yannick Buttet jeudi matin 30.11.2017 au National.
Peter Schneider - Keystone
Forum - Publié le 01 décembre 2017

>> Lire aussi: Doris Leuthard: "Si ces reproches sont corrects, Monsieur Buttet a un problème"

Propos recueillis par Mehmet Gultas/lan/dk

Publié le 01 décembre 2017 à 17:31 - Modifié le 01 décembre 2017 à 20:43

Instruction pour violation du secret de fonction ouverte en Valais

Le Ministère public du canton du Valais a ouvert d'office une instruction pour violation du secret de fonction dans le cadre de l'affaire Yannick Buttet. Les informations concernant la plainte déposée par une femme contre Yannick Buttet proviennent de personnes initiées, issues de la police ou du Ministère public.

Dans son article, Le Temps révélait que le conseiller national PDC avait été interpellé par la police dans le courant du mois de novembre. Les forces de l'ordre avaient été appelées par une femme que le conseiller national avait relancée avec insistance jusque chez elle. Le quotidien faisait également état de "gestes déplacés" qu'aurait commis l'élu à Berne.