Modifié le 10 mai 2017 à 09:04

L'avenir des villages de montagne au cœur du vote sur la LAT en Valais

Les Valaisans avaient nettement rejeté la LAT en votation. (image d'illustration)
L'avenir des villages de montagne au cœur du vote sur la LAT en Valais Le Journal du matin / 1 min. / le 10 mai 2017
Seuls à avoir nettement rejeté la LAT en votation fédérale, les Valaisans se prononcent le 21 mai sur leur loi d'application. La campagne des opposants pointe une inégalité de traitement entre plaine et montagne.

Entrée en vigueur le 1er mai 2014, la loi sur l'aménagement du territoire (LAT) nécessite des lois d'application cantonales. Les Valaisans se prononcent le 21 mai prochain sur le projet validé par le Grand Conseil.

Tous les partis, sauf l'UDC et le PS du Haut-Valais, plébiscitent le texte adapté "à la sauce valaisanne".

Les opposants, eux, dénoncent un dézonage massif. "Papa s'est tiré" peut-on lire sur une affiche montrant une petite fille en pleurs sur le bord de la route, sous-entendant que la LAT a causé une hausse des suicides en Valais. Cette image choc, voulue par l’Association de défense des intérêts des propriétaires, a suscité l'indignation.

"Les gens vont être totalement dépossédés"

Ancien chef du Service cantonal de la chasse, Narcisse Seppey est membre de son côté d'Aqua Nostra, une association apolitique qui défend en particulier les montagnards. Il est choqué par la spoliation sans indemnisation des propriétaires: "L'absence d'indemnisation signifie que les gens vont être totalement dépossédés de la valeur de leur bien", souligne-t-il. "Et si on avait accepté d'introduire ce principe, quitte à l'appliquer avec anesthésie au cours du temps, on n'aurait pas déclenché ce mouvement d'inégalité de traitement entre la plaine et la montagne, et particulièrement entre les villes et la montagne."

"Les centres des villages se meurent"

Pour les partisans de la LAT cantonale, le projet valaisan est "bien plus favorable que celui qui serait imposé par Berne en cas de refus".

Selon Léonard Bender, président de la Société des ingénieurs et architectes du Valais, la loi ne créera pas un exode rural mais offrira au contraire l'opportunité de faire revivre les villages. "L'objectif, entre autres, est notamment dans la densification des centres aujourd'hui laissés à l'abandon", assure-t-il. "Je parle moins des villes ici, mais surtout des villages. Les centres des villages se meurent alors que les gens développent les zones périurbaines. En n'augmentant pas les zones, on oblige les gens à s'occuper de leurs centres."

En cas de refus le 21 mai, le canton du Valais aura jusqu'en mai 2019 pour revoir sa copie.

Marie Giovanola/oang

Publié le 10 mai 2017 à 08:24 - Modifié le 10 mai 2017 à 09:04