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Les "vêtements provocants" désormais interdits à l'école secondaire de Gampel (VS)

Un dress code instauré à l'école secondaire de Gampel (VS). [Alberto Pizzoli - AFP]
Un nouveau code vestimentaire plus strict pour les élèves du cycle d'orientation de Gampel (VS) / Le 12h30 / 2 min. / le 14 août 2021
Fini les décolletés, les dos et ventres nus ou les leggings: les élèves du cycle d'orientation de Gampel, dans le Haut Valais, devront dès la rentrée de lundi s'habiller selon un nouveau code vestimentaire, révèle le Walliser Bote.

Selon l'article 14 de son règlement, l'école interdit désormais "les vêtements provocants ou révélateurs". Sont ensuite listés plusieurs exemples: les décolletés, les dos nus ou encore les shorts "d'une longueur inférieure à 10 cm à partir de l'entrejambe". Banni aussi le très à la mode crop-top, qui laisse apparaître le ventre ainsi que les leggings, pantalons de sport moulants.

De plus, les casquettes sont interdites pendant les cours alors que les parapluies et K-way doivent rester dans le casier.

Seulement à Gampel

Ce code vestimentaire est valable seulement au cycle d'orientation de Gampel. Chaque établissement fixe son propre dress code, mais il est rare qu'une liste d'interdictions soit écrite noir sur blanc.

Dans la plupart des cas, on se limite à demander aux élèves de s'habiller avec "une tenue correcte". Une exigence plutôt floue qui ne dérange pas Samuel Rohrbach, président du Syndicat des enseignantes et enseignants romands, interrogé dans le 12h30 de samedi:

"Une tenue correcte est peut-être subjectif comme formulation mais elle permet de discuter avec les élèves et d'ouvrir le débat. Un listing de tenues autorisées ou non, ça ne fait pas de sens pour la vie d'un collège au-delà de policer finalement ces délits".

Polémique ailleurs

L'argument derrière le code vestimentaire de Gampel est d'éviter les tenues qui peuvent perturber les cours. Ce raisonnement a déjà fait polémique il y a quelques mois dans des collèges de Fribourg et Genève car il vise principalement les tenues des filles.

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Dans le cas de Gampel, la députée socialiste valaisanne Marie-Josée Reuse, membre de la commission de l'éducation, souligne que la grande majorité des vêtements listés sont des vêtements féminins. "On part du principe que l'habillement des filles déconcentre les garçons. Cela participe à la stigmatisation des femmes. Il faudrait plutôt éduquer les garçons. On devrait pouvoir s'habiller comme on veut!"

Sur le terrain, les cas où des tenues sont en effet des éléments perturbateurs sont plutôt rares et se règlent dans la discussion, selon Samuel Rohrbach. Il rappelle également que les choses bougent parfois sur l'impulsion des élèves. Plusieurs établissements ont déjà assoupli leur règlement suite à des demandes d'adolescents. Reste à voir comment les élèves de Gampel réagiront à ce nouveau règlement.

Anouk Pernet/lan

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