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La révision de la loi sur la chasse, un sujet très émotionnel en Valais

L'arène politique valaisanne s'embrase autour de la révision de la loi sur la chasse (vidéo) [RTS]
L'arène politique valaisanne s'embrase autour de la révision de la loi sur la chasse (vidéo) / L'éclairage d'actualité / 3 min. / le 26 août 2020
La révision de la loi sur la chasse, en votation le 27 septembre, est un objet qui provoque de nombreuses réactions politiques en Valais. Pourquoi le sujet est-il si émotionnel?

Chasse au trophée de bouquetins, soupçons de braconnage du lynx, pastoralisme en péril … Ces sujets qui reviennent en force dans l'actualité suscitent de nombreuses réactions politiques en Valais, dans le contexte tendu de la révision de la loi sur la chasse.

Il y a d'abord les Verts qui se sont indignés de voir leurs objets en lien avec la chasse disparaître du plan de la session du Grand Conseil de septembre. Ils ont dénoncé une manoeuvre politique pour éviter les sujets qui fâchent avant la votation fédérale.

Autre exemple, le gouvernement valaisan est sorti de sa réserve habituelle et soutient la révision de la loi sur la chasse de façon proactive.

Région alpine et périphérique

L'agitation dans la sphère politique cantonale est palpable. Mais pourquoi le sujet est-il présent et émotionnel en Valais, peut-être davantage qu'à Genève ou à Neuchâtel?

Il y a en premier lieu la proximité avec la problématique. Le Valais est une région alpine, avec une grande faune sauvage et l'élevage y est encore bien présent. Après les Grisons, c'est le canton qui compte le plus de chasseurs, avec 3800 membres.

Il y a aussi des explications historiques, selon l'ethnologue Suzanne Chappaz-Wirthner, interrogée dans La Matinale de mercredi: "Depuis que le Valais est entré dans la Confédération, on lui a attribué le statut d'une région alpine et périphérique. Il y a toujours eu des groupes d'intérêts antagonistes entre les régions de plaine et les régions de montagne".

Le loup et la chasse viennent réveiller ces fronts politiques historiquement marqués autour de l'usage de la nature: "J'ai l'impression que la question de la chasse est un révélateur de tous ces groupes antagonistes, écologistes, promoteurs, chasseurs, éleveurs... D'autant plus actuellement avec le réchauffement climatique ou la fonte des glaces", a encore relevé Suzanne Chappaz-Wirthner.

Ces différents groupes mentionnés par l'ethnologue sont plutôt bien organisés en Valais, avec les associations écologistes d'un côté, et de l'autre un lobby de chasseurs présent dans tous les partis, sauf chez les Verts, et à tous les échelons hiérarchiques. Il existe d'ailleurs un groupe officiel de pression au Grand Conseil valaisan, composés d'une dizaine de membres, issus de l'UDC, du PLR, du PDC et du PS.

Une fracture entre la politique et la population?

Très présente dans le débat politique en Valais, on peut se demander si la problématique de la chasse préoccupe vraiment la population du canton, de moins en moins rurale. Aujourd'hui, plus du 70% des Valaisans vivent en effet en zone urbaine.

Ce n'est assurément pas le sujet le plus important pour leur quotidien et leur avenir, de l'avis du rédacteur en chef du Nouvelliste Vincent Fragnière: "C'est un sujet plus ou moins émotionnel selon les endroits du canton. La population est plus nuancée que sa représentation politique et que par le passé".

Au-delà du 27 septembre, une autre votation permettra de prendre la température de la population valaisanne. Elle se prononcera à une date encore inconnue sur l'initiative "Pour un canton du Valais sans grands prédateurs".

Julie Rausis/lan

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