Modifié le 17 octobre 2019 à 21:54

Prescrite dans un mois, l'affaire du petit Luca gardera sa part d'ombre

Sans conclusion, l’affaire de l’agression de Luca sera prescrite le 22 novembre: interview de Jean Bonnard et de Sébastien Fanti
Sans conclusion, l’affaire de l’agression de Luca sera prescrite le 22 novembre: interview de Jean Bonnard et de Sébastien Fanti Forum / 7 min. / le 17 octobre 2019
Le 22 novembre prochain, l'affaire Luca, du nom de l'enfant de 7 ans retrouvé partiellement dévêtu et gisant dans la neige à Veysonnaz en 2002, sera prescrite. L'absence de certitudes de la justice laisse un goût amer à la famille de l'enfant, resté tétraplégique.

Le doute ne sera probablement jamais levé sur l'agression subie en février 2002 à Veysonnaz (VS) par Luca, aujourd'hui handicapé à vie. A partir du 22 novembre, plus aucun élément nouveau ne pourra rouvrir le dossier.

A cette date, le jeune homme fêtera ses 25 ans, l'âge auquel le droit suisse prévoit la prescription pour certaines infractions commises contre un enfant. Lourdement touché depuis le drame, il vit en Italie avec sa mère et poursuit ses études.

>> La chronologie des faits:

Le chien de la famille rapidement suspecté

L'affaire laisse un goût amer à la famille, à ses proches et à une partie de l'opinion publique. Dès le début des investigations, le chien de la famille, un berger allemand de sept mois avec qui Luca et son frère Marco étaient partis se promener, est considéré comme le principal protagoniste. Il n'aurait pas attaqué Luca, mais aurait eu avec lui une "interaction excessive et non maîtrisée", selon le professeur Patrice Mangin, alors directeur du Centre universitaire romand de médecine légale de Lausanne.

Mais la thèse du chien n'a jamais convaincu, notamment la famille et certains spécialistes des canidés. Même la justice n'a jamais exclu une intervention de tiers dans l'agression dont a été victime l'enfant.

Enquête "précipitée"

En janvier 2012, lors d'une conférence de presse, Nicola Dubuis, alors procureur général adjoint, indique que les alibis des adolescents suspectés de s'être trouvés sur place au moment des faits ont été contrôlés. Selon lui, rien n'indique leur présence sur les lieux. En revanche, pour le détective privé et ancien inspecteur de police à Genève Fred Reichenbach, les contrôles n'ont pas été sérieusement menés. Dix-sept ans après les faits, il croit toujours dur comme fer à une agression par des adolescents.

En 2011, la commission de justice du Grand Conseil estime dans un rapport que la première phase d'instruction de l'affaire Luca a été "précipitée, menée avec une curiosité insuffisante et une constitution lacunaire du dossier d'instruction".

>> Revoir l'émission "Zone d'ombre" consacrée à l'affaire:

Affaire Luca : et si ce n’était pas le chien ?
Zone d'ombre - Publié le 24 avril 2013

ats/vic

Publié le 17 octobre 2019 à 11:58 - Modifié le 17 octobre 2019 à 21:54