Modifié le 06 novembre 2018 à 15:31

Val-de-Ruz mettra fin à son éclairage public dès l'année prochaine

Le Val-de-Ruz s'apprête à devenir la plus grande commune du pays à éteindre son éclairage public la nuit dès la fin 2019.
Le Val-de-Ruz s'apprête à devenir la plus grande commune du pays à éteindre son éclairage public la nuit dès la fin 2019. 12h45 / 1 min. / le 06 novembre 2018
Le Conseil général de Val-de-Ruz (NE) a décidé lundi soir l'extinction de son éclairage public. Avec ses 15 villages et ses quelque 17'000 habitants, la vallée devient la plus grande commune de Suisse à éteindre ses lampadaires.

Le législatif a accepté d'éteindre son éclairage public de minuit à 4h45 dès la fin de l'année prochaine. L'expérience concluante menée dans des localités de la commune, soit au Pâquier et à Fontaines, a poussé le Conseil communal à l'étendre à l'ensemble du territoire.

"Le Conseil communal est enchanté. C'est vrai qu'on sent véritablement le législatif derrière l'exécutif pour un projet de développement durable. Et puis il y a tout l'aspect nature également avec la préservation de la faune nocturne", a déclaré à la RTS François Cuche, conseiller communal de Val-de-Ruz.

Passages piétons éclairés

La nuit ne sera cependant pas totale dans la commune neuchâteloise: les 160 passages pour piétons resteront éclairés comme recommandé par le canton. Un point qui divise.

"Du moment que c'est éteint, autant que ça soit éteint partout. Je me demande même si ce n'est pas plus dangereux d'éclairer uniquement les passages piétons. Si un piéton traverse en dehors des passages, est-ce qu'on va vraiment autant y faire attention?", s'interroge Chloé Douard, conseillère générale Les Verts.

Christian Masini, conseiller général PLR, n'est lui pas de cet avis. "C’est important de laisser éclairer ces passages piétons. On sait très bien qu’à 2h du matin le citoyen qui va rentrer ne va pas forcément les prendre, mais si tout d’un coup quelque chose devait se passer sur ce passage piéton, on n'a pas envie d’avoir des retours et des problèmes juridiques."

Recommandation déposée au Grand Conseil

Pour l'Agence suisse pour la protection de l'environnement nocturne (Lamper), la seule "ombre au tableau" est cette exigence du Service cantonal des ponts et chaussées qui demande à la commune de maintenir allumés ses passages pour piétons, ce qui représente environ 10% des candélabres.

Lamper reproche au canton d'imposer "sans aucune base légale" des mesures aux communes.

"Une recommandation a été déposée au Grand Conseil demandant au Conseil d'Etat de revoir sa position", explique Laurent Debrot, secrétaire général de Lamper et député vert.

Elodie Botteron/ther avec ats

Publié le 06 novembre 2018 à 09:15 - Modifié le 06 novembre 2018 à 15:31

Un "faux sentiment de sécurité"

Dans son explication à destination des communes neuchâteloises, Lamper explique que plus de 12'000 communes françaises pratiquent déjà l'extinction, dont des villes de plus de 60'000 habitants comme Mérignac.

Ces dernières ont constaté une réduction du tapage nocturne, des incivilités et de la petite délinquance.

Selon Lamper, "l'éclairage ne saurait garantir à lui seul la sécurité des piétons et des cyclistes. Au contraire, il pourrait même donner un faux sentiment de sécurité pouvant occasionner des comportements téméraires".