Modifié le 01 mars 2018

Plus de 400 oppositions contre le plan de protection du Creux-du-Van

Creux du Van: le plan de protection suscite des oppositions
Creux du Van: le plan de protection suscite des oppositions 19h30 / 1 min. / le 01 mars 2018
Les cantons de Vaud et Neuchâtel ont formulé l'an dernier un plan de protection pour le Creux-du-Van, site naturel victime de son succès. Au total, 436 oppositions ont été déposées contre ce projet, a appris la RTS.

Symbole de l'Arc jurassien, le Creux-du-Van cristallise les tensions. Avec ses 100'000 visiteurs par année, dont 20'000 pour le seul mois d'août, le site emblématique se retrouve en danger. Pour le préserver, un plan de protection a été mis à l'enquête en décembre par les cantons de Vaud et Neuchâtel. Principal changement: l'accès au bord des falaises serait réduit de moitié.

Mais le règlement suscite des mécontentements. Côté neuchâtelois, 296 oppositions ont été déposées, alors que dans le canton de Vaud, le nombre d'objections s'élève à 140. Au total, 400 proviennent du Club alpin suisse (CAS). Les autres ont été émises par des agriculteurs, des communes, des organismes touristiques, des propriétaires ou des associations de protection de l'environnement.

Défenseurs des randonneurs et gardiens de la nature réunis

Les raisons de cette grogne sont diverses. Le CAS s'oppose par exemple à l'interdiction totale de l'escalade et à la restriction des itinéraires de randonnée.

"Ces activités ont assez peu d'impact sur la flore, en tout cas l'hiver, mais aussi sur la faune en dehors des peuplements forestiers, par rapport aux hordes de touristes qui débarquent par la route goudronnée du Soliat", estime dans le 19h30 Carole Maeder-Milz, présidente de la section neuchâteloise du CAS.

De son côté, le WWF, qui figure aussi parmi les opposants, estime que la nature doit encore davantage reprendre ses droits. "Actuellement, la flore a quasiment disparu entre le mur et la falaise, c'est vraiment triste", observe Sylvie Barbalat, de la section neuchâteloise de l'organisation. "Nous aimerions que le public soit canalisé à l'extérieur du mur jusqu'à ce que la flore se régénère", précise-t-elle.

Des oppositions "prévisibles"

Pour le conseiller d'Etat neuchâtelois Laurent Favre, qui s'exprime pour la première fois sur le sujet, ces nombreuses oppositions étaient prévisibles. Le magistrat souligne que de multiples arbitrages doivent être réalisés.

"Nous cherchons à conserver un équilibre entre la protection de la nature et l'usage de ces lieux pour le tourisme et les activités traditionnelles", argumente-t-il.

C'est aux cantons de désormais traiter les centaines d'oppositions déposées. Ils ont jusqu'à l'automne prochain pour le faire.

Elodie Botteron/tmun

Publié le 01 mars 2018 - Modifié le 01 mars 2018