Modifié le 02 février 2018 à 21:18

A Neuchâtel, les partenaires de l'Etat souffrent de l'absence de budget

Neuchâtel au bord de la paralysie
Neuchâtel au bord de la paralysie 19h30 / 2 min. / le 02 février 2018
A cause de l'absence de budget 2018, le canton de Neuchâtel a réduit de 20% ses subventions dans les domaines culturel et sociale et ne peut plus investir. De nombreux partenaires de l’Etat sont directement touchés.

Subventionnée à 75%, la petite structure de réinsertion socioprofessionnelle "atelier Fil", à Fleurier, dans le Val-de-Travers, a perdu 6000 francs et plusieurs mandats depuis le début de l'année.

"Pour nous, c’est un coup de couteau au coeur, ça fait mal", réagit Malika Sui Sang How, couturière à l'atelier, vendredi dans le 19h30 de la RTS. "On ne sait pas comment on va s'en sortir." "Atelier Fil" comprend quatre salariés et 18 personnes placées.

Plus d'investissement possible

Sans budget, le canton ne peut pas réaliser de nouveaux investissements et doit se limiter à des dépenses absolument nécessaires. Christian Guinchard est le patron de Duckert SA, une entreprise de construction. Il a répondu à des appels d'offres de l'Etat en début d'année, mais toutes sont soumises à conditions. "Seulement si le budget annuel de l'Etat et les crédits correspondants ont été validés par les autorités compétentes", explique-t-il.

Dans l'expectative, ce patron songe à démarcher des mandats hors du canton. Mais difficile de lancer des chantiers loin de sa base. "On doit transporter du matériel lourd, des machines", explique Christian Guinchard. Dans le secteur de la construction, l’absence de budget menacerait un millier d’emploi, selon le gouvernement.

Sont aussi gelés tous les nouveaux projets, comme les voyages de fin d’étude des écoles professionnelles. Des étudiants du Centre professionnel du littoral neuchâtelois ont récemment reçu un e-mail de leur direction. Leur voyage, prévu en juin à Cracovie, est gelé jusqu'à nouvel avis. Ils se disent "dégoûtés".

Le gouvernement paralysé

Enfin, sans cadre budgétaire fixé par le parlement, le gouvernement se retrouve seul à la barre des finances et doit valider la moindre dépense. Conséquence: il n'a plus le temps de s'occuper de ses gros dossiers pour l'instant.

"Toutes les séances du Conseil d’Etat depuis le refus du budget ont vu plusieurs points à l'ordre du jour consacrés à la gestion de cette situation", rapporte le conseiller d'Etat Laurent Kurth. "C’est donc un engorgement de l'activité politique du Conseil d'Etat et de l'administration."

Julien Guillaume/jc

Publié le 02 février 2018 à 20:39 - Modifié le 02 février 2018 à 21:18

Six voix avaient manqué

Le Parlement neuchâtelois avait échoué à se mettre d'accord sur le budget 2018 du canton en décembre dernier. Les élus issus du PLR et de l'UDC avaient jugé les efforts d'économie insuffisants.

Au terme d'un long débat, il avait au final manqué six voix pour approuver le projet. Le vote nécessitait une majorité qualifiée des trois cinquièmes, soit 69 sur 115. Or il n'a obtenu que 63 voix, contre 48 oppositions et 4 abstentions.

Le Parlement pourra revenir avec un projet de budget au printemps.