Modifié le 15 janvier 2018 à 15:11

Le refus du budget neuchâtelois remet en cause le système de votation

Vue générale de la salle du Grand Conseil neuchâtelois.
Le refus du budget neuchâtelois remet en cause le système de votation au Grand conseil La Matinale / 1 min. / le 15 janvier 2018
Le budget neuchâtelois a été bloqué par le système de majorité qualifiée du Grand Conseil, bien qu'il ait été accepté par 63 voix contre 48 en décembre. Le principe est aujourd'hui remis en question.

En cas de budget déficitaire, le principe de majorité qualifiée exige l'obtention de trois cinquièmes des voix du Parlement, soit 69 sur 115. Inscrit dans la loi neuchâteloise depuis une dizaine d'années, il vise à assurer un large consensus autour de décisions difficiles à prendre.

Mais avec des fronts politiques de plus en plus figés, des tensions entre communes et canton, et un ras-le-bol général face à un budget continuellement bricolé, le consensus à la neuchâteloise s’est brisé.

Avec le refus du budget - une première dans l'histoire du canton - le système est remis en question.

"Ces majorités devaient générer une espèce d'union sacrée dans les périodes difficiles, réunir de larges majorités pour porter ensemble les mesures et les réformes les plus difficiles dont a besoin le canton (...) On voit que ces majorités qualifiées créent davantage de blocages, on a de la peine à les réunir", observe Laurent Kurth, le ministre en charge des Finances.

Vers une majorité simple?

Le conseiller d'Etat juge que "vraisemblablement on devra se poser des questions sur l'utilité de maintenir ces majorités, plutôt que de voir une majorité simple, assumer ses responsabilités devant la population, pendant la durée d'une législature et au terme de celle-ci, au moment des réélections."

Le système de la majorité simple est appliqué par la majorité des cantons romands, mais poserait problème à Neuchâtel, selon le chef du groupe PLR au Grand Conseil Olivier Lebeau. Il rappelle que la majorité simple au Parlement se joue à une voix près, ce qui n'est pas assez net pour éviter des référendums à la moindre occasion.

Ce constat est partagé par son homologue socialiste Baptiste Hurni. "La majorité qualifiée est aux soins intensifs", souligne le député, qui juge qu'elle doit être revue à certains endroits mais pas abolie.

Coraline Pauchard/jvia

Publié le 15 janvier 2018 à 10:20 - Modifié le 15 janvier 2018 à 15:11