Modifié le 15 septembre 2017 à 09:27

Le Neuchâtelois Olivier Arni a des problèmes de mémoire dans l'affaire de la Société de navigation

Olivier Arni, ex-conseiller communal de la Ville de Neuchâtel (Image d'archive).
Le socialiste neuchâtelois Olivier Arni empêtré dans l'affaire de la Société de navigation La Matinale / 2 min. / le 15 septembre 2017
Elu en 2009 pour succéder à Valérie Garbani à l'Exécutif de la Ville de Neuchâtel, le socialiste Olivier Arni aurait avoué ne plus savoir exactement ce qu’il a signé comme lettre d’augmentation à l’ex-directeur de la Société de Navigation.

Une crise institutionnelle menace la Ville de Neuchâtel. Olivier Arni, empêtré dans l'affaire de la Société de navigation sur les lacs de Neuchâtel et Morat (LNM) et du salaire de son ex-directeur, commence à être lâché de toutes parts.

Le conseiller communal Olivier Arni serait dans le déni, dans l'incapacité d'affronter ses éventuelles erreurs, selon plusieurs interlocuteurs que la RTS a contactés. De plus, il ne parviendrait plus à assumer l'entier de ses engagements de sa charge à l’Exécutif de Neuchâtel. L'heure est donc grave. Doit-il, va-t-il démissionner? Certains le pensent, y compris dans son parti. Mais pour l'heure, personne ne veut le dire publiquement.

Silence d'Olivier Arni

Olivier Arni n'a pas souhaité répondre à nos questions. "Plus tard", dit-il. Mais c'est justement ce silence qui lui est reproché. Depuis le début de l'été, le socialiste ne donne aucune explication convaincante sur cette fameuse augmentation de 2000 francs par mois accordée rétroactivement au directeur de la Société de navigation sur les lacs de Neuchâtel et Morat (LNM).

Le conseiller communal a signé en juin 2016 un document dont la RTS a obtenu copie et qui indique que le salaire de l'ex-directeur de la LNM Jean-Jacques Wenger est augmenté depuis le 1er août 2014. Deux ans de rétroactivité, c'est beaucoup. Alors pour atténuer cet effet de rattrapage, le document a été daté par Olivier Arni du 18 novembre 2015. C'est en tout cas la version que défend Jean-Jacques Wenger.

Copie du document autorisant l'augmentation signée par Olivier Arni:

 

Souvenirs confus

De son côté, Olivier Arni suggère que ce n'est pas lui qui aurait inscrit cette date et se dit victime d'un complot. Mais pour l'instant, il n'a avancé aucune preuve. Et, surtout, il varie dans ses explications. Selon des sources concordantes, Olivier Arni aurait confié à ses collègues de l'Exécutif et à des membres de son parti qu'il ne se souvient pas de ce qu'il a exactement signé. Et que tout cela se serait passé à l'issue d'une longue journée, au coin d'une table de bistrot. Ce début d'explication paraît bien faible. Et c'est ce qui dépite même certains proches du socialiste.

Désormais chacun dit s'en remettre aux résultats de l’enquête ouverte par le Ministère public neuchâtelois sur le soupçon de faux dans les titres en raison du document anti-daté.

>> Lire: La justice neuchâteloise enquête sur l'affaire de la Société de navigation

Ludovic Rocchi

Publié le 15 septembre 2017 à 08:49 - Modifié le 15 septembre 2017 à 09:27